Dans la maison du philosophe autodidacte Jean-Jacques Rousseau(1712 – 1779) à Montmorency en France ( Mars 2019)

 

Tant de gens chez nous confondent « professeur de philosophe », « Chercheur en philosophie » et « philosophe », tandis que chacun d’eux assume un rôle bien déterminé et totalement différent de ceux des deux autres.
En effet, si le premier assume la médiation entre les sources du savoir philosophique et des apprenants et le second étudie ce savoir philosophique, le troisième est celui qui élabore une théorie philosophique nouvelle qui portera son nom après avoir été reconnue par les grands spécialistes de ce domaine. Et ce, sans pour autant nier la possibilité qu’un enseignant de philosophie ou un chercheur en philosophie puisse être en même temps philosophe .
Le terme de « philosophe » s’applique exactement à Jean-Jacques Rousseau qui n’avait suivi aucun cours de philosophie. Menant depuis son jeune âge une vie errante, car il était orphelin de mère dès le neuvième jour de sa naissance puis privé à l’âge de dix ans de la protection de son père qui s’était enfui hors de leur pays Genève pour échapper à une poursuite judiciaire.
Jusqu’à l’âge de trente six, Rousseau était totalement méconnu dans les milieux philosophiques .Puis soudain en 1749,il se fit connaître par son ouvrage Discours sur les sciences et les arts dans lequel il soutient, contrairement aux penseurs de son époque et ceux du siècle précédent ,que le progrès technique ne mène pas au bonheur mais à l’instauration d’une société bourgeoise qui se caractérise par l’inégalité, l’égoïsme et déclin de la vertu.
Six ans plus tard, il publie un autre livre intitulé Discours sur le fondement et les origines de l’inégalité, dans lequel il défend la thèse que l’homme est naturellement bon mais c’est la société qui le corromp.
Ces deux livres avaient été suivis en 1962 par Du contrat social où il stipule que le « le pouvoir légitime pour gouverner n’est pas directement fondé sur un titre divin ou sur un droit naturel à gouverner, mais doit être ratifié (« autorisé ») par le consentement des gouvernés », ce qui était considéré comme le premier appel en Occident à l’abolition du régime féodal et l’instauration du régime démocratique et lui avait valu d’être condamné en France .
Quant au musée qui porte son nom, il est est situé sur une colline rocheuse au village de Montmorency dans le département du Val-d’Oise environ à treize kilomètres de Paris. Pour y arriver de la capitale, il faut utiliser d’abord le métro jusqu’à la gare du nord puis le train jusqu’à la commune Enghien-les-Bains. puis le bus. Mais comme je suis un amateur de marche, j’ai préféré continuer à pieds. Et après trois quarts d’heure de route, il m’a fallu monter la colline afin d’atteindre la maison de Rousseau s’élevant à son sommet .
Ce musée était, à l’origine, une petite et modeste maison de campagne en mauvais état appartenant à un procureur fiscal au nom de Jacques-Joseph Mathas qu’il loua à Rousseau à un prix dérisoire après avoir été délogé par Mme d’Epinay, une dame de lettres, de chez elle où elle lui donnait l’hospitalité dans ce même quartier. Le philosophe passa dans cette nouvelle demeure près cinq années avant de reprendre sa vie d’errance, car il s’était trouvé obligé de changer de lieu d’habitation pour échapper au complot qu’on tramait contre lui à cause de ses idées audacieuses qui avaient fait de lui l’un des principaux théoriciens de la grande révolution française de 1789.

Rousseau, qui recevait dans sa maison plusieurs écrivains, musiciens, peintres et hommes et femmes de théâtre, était très méfiant .Pour cette raison, il avait écrit son ouvrage Du contrat social dans ce petit pavillon au fond de son jardin, de peur que les gouvernants eussent vent de son projet

La maison de Jean-Jacques Rousseau n’était pas une simple habitation modeste mais un véritable refuge d’ascète

Avec quel empressement je courais tous les matins, au lever du soleil, respirer un air embaumé sur le péristyle! Quel bon café au lait j’y prenais tête à tête avec ma Thérèse! Ma chatte et mon chien nous faisaient compagnie.
Ce seul cortège m’eût suffi pour toute ma vie, sans éprouver jamais un moment d’ennui. J’étais là dans le paradis terrestre; j’y vivais avec autant d’innocence, et j’y goûtais le même bonheur.

Jean-Jacques Rousseau: Les confessions

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