L’île des morts par :Ali Ghazi – Baghdad – Irak

Ali Ghazi

 

Chaque jour,

Je troue le monde plusieurs fois,

Je perce des ouvertures pour l’aération,

Je crie et recrie :

« Je veux respirer ».

Et chaque jour,

Je descends sept mille étages sous la terre

A la recherche de Dante et de Böcklin*

Pour leur parler d’un fou

Qui s’accroche au dernier côté de la terre

De peur qu’il ne tombe et crie :

« Arrêtez cette guerre !

Je veux pisser ! ».

Et chaque jour aussi,

Je pose à Freud , à Hitler et à Rachmanitov

Des questions

Sur l’île des morts

Et sur ce forgeron

Qui sort chaque jour de l’enfer

Après avoir posé des cages

D’acier, de phosphore et de mercure.

Je leur pose des questions

Sur les illusions auxquelles nous tenons

Pour ne pas nous ennuyer

Et sur les fins douloureuses dont nous avons besoin

Pour rester éveillés !

 

*Böcklin :peintre suisse allemand auteur du tableau « L’île des morts » (1827 – 1901 )

 

 

Un commentaire

  1. Bonjour à vous Ali,

    J’aime beaucoup vôtre texte et la façon dont vous faites des trous, pour aérer le monde.Bien humblement, j’ose vous dire vous n’êtes pas le seul, et moi aussi d’une autre manière je fais des trous.
    Il faut à tout prix que nous fassions des trous chacun à notre façon, pour que le monde puisse se régénérer.
    En tout cas merci pour votre contribution à l’oeuvre, poétique et donc humaine.
    Je le dis encore une fois et pour la première fois à vous : Vive la Vie et Vive Vous et Vous.
    Fraternellement poétique.
    Rémy Ducassé de Bastia France.

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