Les archives des commentaires poétiques de Mohamed Salah Ben Amor : 27–Les poèmes de Patricia Royet 27-3 : Note Bleue

Patricia Royet

Avant que le temps passé,

Ne devienne sourd dans ma tête,

Et s’efface comme une vieillesse,

Que l’âge de la mémoire oublie,

 

Avant que les années,

N’estompent mes pensées,

Dans des hivers glacés,

Sans réalité,

 

Avant que la mort,

Ne se délecte,

De mes pleurs,

Et n’étouffe mon cœur,

 

Je voudrai écrire,

La partition de mes saisons de fleurs,

Sur la page de ma destinée,

La musique de mes couleurs,

Quelques mots de rouge,

De feu,

Des notes de bonheur,

A l’encre bleue…..

 

Spécialisée depuis ses débuts dans le genre amoureux et partisane déclarée de l’amour sensuel, Patricia Royet nous livre, dans ce nouveau poème, sa conception de la vie, une conception  avec laquelle concorde harmonieusement tous  ses écrits poétiques et qui se résume en ces deux mots : Profitez à fond de la vie avant que ne survienne le trépas !Cette conduite de vie émanant d’une vision particulière de l’existence, inspirée sans doute de l’épicurisme lointain ( doctrine fondée par le grec Epicure,   mort en 270  avant J.C., sur le principe de la conception matérialiste du monde ) et ardemment revendiquée et largement célébrée par le grand poète persan Omar Khayyām ( mort en 1131 après J.C.)dans presque la totalité de son œuvre, relève, selon lui , de la nature de la vie terrestre dont la jouissance des plaisirs qu’elle offre aux humains est un pur droit .Écoutons-le faire part de cette conviction que partage avec lui l’auteure de ce poème :

Étreins bien ton amour,

Bois son regard si beau,

Et sa voix, et ses chants,

Avant que le tombeau

Te garde, pauvre amant,

Poussière en la poussière

Sans chansons,

Sans chanteuse amie,

Et sans lumière.

 

Puisque ce monde est triste

Et que ton âme pure,

O mon amie, un jour,

Doit aller chez les morts,

Oh ! viens t’asseoir parmi les fleurs

Sur la verdure,

Avant que d’autres fleurs

S’élèvent de nos corps.

Ce que notre poétesse confirme et atteste clairement dans son poème en le concevant tout entier  sous la forme d’une phrase complexe débutant par une subordonnée circonstancielle de temps introduite par la locution conjonctive de subordination “avant que”  ( avant que + je voudrais écrire ) pour connoter justement son empressement à profiter du côté agréable et lumineux ,bien que  passager voire éphémère,  de la vie (la partition de mes saisons de fleurs, sur la page de ma destinée, la musique de mes couleurs, quelques mots de rouge, de feu, des notes de bonheur, à l’encre bleue…..) avant l’arrivée de l’instant fatidique et inévitable .Il est à indiquer , en passant , que cette façon de voir la vie se présente aussi comme un moyen de défier la mort, étant donné que s’investir dans les plaisirs de ce monde ferait  oublier à l’être humain  l’ultime  évènement tragique et douloureux .

Au niveau stylistique , ce poème charme surtout par sa légèreté , la clarté de l’idée qu’il véhicule , ses images colorées et ses sonorités bien ajustées .Mes encouragements Patricia !

 

Un commentaire

  1. Un très beau texte Patricia !

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