Le créateur multi doué Jean-Jacques Ciscardi à « Culminances » : « Écrivez, osez, tentez, faîtes connaître votre savoir à tout le monde ! »

Jean-Jacques Ciscardi

 

Jean Jacques Ciscardi s’est essayé à l’écriture depuis sa première adolescence. Sa dernière œuvre en date a été publiée en 2017sous le titre de  Le Temps des regrets et peu avant elle en 2014 La Légende vivante de Jerba.

Natif de l’île de Jerba(Tunisie), il relate aussi bien sa propre histoire  que celle des personnes qu’il a rencontrées dans cette  ville riche en histoire. Tout comme Ulysse, il fut tombé dans l’enchantement de l’île des Lothopages. Son père, gardien de phare, originaire de Sicile a débarqué en Tunisie en Octobre 1945.A l’aube de l’indépendance en 1956 , il a quitté le pays. Le jeune ado, la mort dans l’âme fut contraint de s’installer en France à Languedoc-Roussillon. Ensuite, Il a exercé plusieurs passions surtout à Paris.Musicien, opérateur dans les salles de ciné, chanteur dans les music hall, il a mené une vie itinérante qui l’a enrichi intellectuellement. A Montmartre, il a fréquenté les milieux artistiques et  des célébrités de tous bords.

Écriture translucide comme coulant de source avec une plume imbue  de la nostalgie d’une enfance restée ancrée dans sa mémoire puérile et d’une vie ballotée entre rêve et désillusion.

De nouveau, après mûre réflexions malgré vents et marées, il regagne son paradis perdu : l’île de Jerba et s’ y installe. Après vingt trois ans d’absence, Jeannot renoue avec sa conque lui procurant protection et sérénité de l’âme.

Autour de sa montée à Paris et son grand retour nostalgique, notre auteur livre ses moments forts marquant son parcours professionnel dans un  récit nostalgique,  autobiographique et dans  une histoire romancée…instantanée. L’œuvre de Jean Jacques, c’est un peu de tout cela, pensons- nous.

Merci à notre hôte de nous avoir accordé cette interview via e-mail.

 

Question 1

– De prime abord, quels mots peuvent qualifier votre profil ?

  • Jean jacques Ciscardi:

A vrai dire je n’ai pas l’habitude de m’octroyer des qualifications. Mise à part toute modestie, je dirai la sympathie, l’honnêteté et la franchise.

 

Question 2

 Dans vos deux derniers livres La Légende vivante de Jerba et Le temps des regrets un arrêt contemplatif sur la ville et ses monuments, le milieu naturel, le mode de vie au quotidien des hommes. Qu’est-ce que vous en pensez ?

  • Jean Jacques Ciscardi :

Effectivement, j’ai zoomé sur l’état des vestiges historiques qui sont un bien commun universel humain ainsi que le changement du mode de vie des gens. Aujourd’hui n’est pas hier. Des mutations se font remarquer partout où on se déplace. Autres temps, autres mœurs. L’île perd peu à peu de sa beauté immaculée depuis des lustres .Personne ne s’en soucie, c’est vraiment aberrant, ça nécessite une intervention urgente. Tout un chacun devra mettre fin à cette dégradation pernicieuse.

 

Question 3

En lisant vos romans tome1 et tome 2 nous remarquons que vous planchez sur plusieurs passions. Vous jouez de la guitare, vous êtes cinéaste, plasticien etc. Où vous vous sentez le mieux ?

  • Jean Jacques Ciscardi :

Bien évidemment toute ma vie a été dirigée vers et par les arts. J’aurais voulu faire beaucoup plus mais le sort en a décidé autrement.

Cependant la composition musicale a occupé la première place dans mon cheminement.

 

Question 4.

Si on considère l’acte de lire comme un rite ou rituel quels sont les moments préférés de lecture ?

  • Jean Jacques Ciscardi :

Écrire c’est plutôt une passion. Faire chanter les mots dans un texte  est gratifiant. Je me passionne énormément  pour l’écriture de mes ouvrages. Quant à la lecture, elle est aussi une passion enrichissante à tout point de vue . Cette pratique, devenue habitude pour moi, est très modérée en Tunisie. Le peuple gagnerait à se pencher un peu sur la littérature et les arts afin que chacun puisse trouver une ressource de connaissances bénéfiques. Côté culturel tout le monde en profiterait.

 

Question 5 :

Votre description épouse la technique cinématographique. Pouvons-nous dire que vous écrivez avec la caméra ? Il y a le point de vue de la proximité. Aussi remarque-t-on les gros plans, le plan moyen. Moyens d’une scénarisation bien montée.

  • Jean Jacques Ciscardi :

J’attache énormément d’importance au fait de donner une âme à mes personnages et je désire que le lecteur ressente que je ressens. Bien sûr, il est permis de dire que mes écrits ressemblent étrangement à des scénarios et qu’ils sont pensés avec une caméra intérieure mais je souligne surtout une volonté viscérale de bien faire.

 

Question 6 :

Vous êtes guitariste de votre état. Quelles est votre conception de l’art contemporain à l’heure du numérique envahissant ?

  • Jean Jacques Ciscardi :

Je suis autodidacte de la guitare et loin d’être un virtuose. Après une mise en condition par des semi professionnels, j’ai été abandonné à mon sort et dû faire les progrès nécessaires tout seul.

L’art est une expression personnelle influencée souvent par la culture. Il permet de raconter des histoires, par là même, de transmettre une liaison entre l’homme et tout ce qui l’entoure .Certains artistes professionnels pourraient vivre de leur art mais ne sont pas nombreux en Tunisie. Ils sont rares.

 

Question 7

Dans votre dernier livre Le temps des regrets vous avez cité ceci » Paris résume toute la France « . Pouvait-on dire que Jerba résume toute la Tunisie par sa richesse en patrimoine mondial, une ville cosmopolite où cohabitent  trois religions l’Islam, le Christianisme et le Judaïsme sans parler des ethnies différentes : Siciliens, Italiens , français ?

  • Jean Jacques Ciscardi:

Oaris est une très belle ville, la cité des arts. De surcroît, aucun artiste au monde n’ignore Paris. Elle résume partiellement la France. Quant à Djerba, elle n’est pas une capitale mais représente un joyau de la Tunisie .Elle demande à être protégée jalousement et défendue bec et ongles comme on dit.

 

Question 8 :

Quelles leçons vous avez tirées de ces itinéraires après une vie mouvementée entre rêves et désillusions ?

  • Jean Jacques Ciscardi :

Il est vrai j’ai eu une vie tumultueuse riche en péripéties de l’enfance, à l’adolescence jusqu’à la vieillesse. J’ai toujours été un homme de contact .Je me suis formé philosophiquement et psychologiquement grâce à cette communication avec mes semblables…La vie est un apprentissage continu.

 

Question 9 :

Vous avez peut-être un message à partager avec les jeunes écrivains et artistes. Lequel ?

  • Jean Jacques Ciscardi :

J’aimerais dire aux tunisiens jeunes et moins qu’il est nécessaire de lire, ça fait partie de la vie, de la culture. C’est l’essence du progrès d’un pays. Quant aux jeunes acteurs, je leur dis: Écrivez, osez, tentez, faîtes connaître votre savoir à tout le monde. L’univers est vaste de sujets et thèmes d’écriture et champs du savoir. C’est  le meilleur butin de l’humanité…

 

Propos recueillis par : Sadok Gaidi

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