Poème du jour ( nouvelle série) 8: Retrouvailles : poème de Philippe Correc –Paris –France – commenté par :Mohamed Salah Ben Amor

Philippe Correc

 

Quelle joie de se retrouver

30 ans c’est si vite passé !

Nous, on a presque pas changé

Quelques pages se sont tournées.

On se replonge dans nos vies

Pour partager nos souvenirs

Listant nos projets et envies

Pour les prochains ans à venir.

On parle aussi de nos passions

Musique, sports et collections

On échange entre nous, recettes

Au ping pong, un duel de raquettes.

On s’est marié, une ou deux fois

Pas le même amour qu’autrefois

La vie a laissé des fractures

Pour d’autres, c’est belle aventure.

On est fier de sa descendance

Tournois de foot ou cours de danse

Pour certains, c’est l’année du bac

Pour d’autres, le collège ou la fac.

Le soir c’est tous autour d’un verre

Qu’on oublie toutes nos misères

On rajeunit, on a vingt ans

Sur la piste, on crie en dansant.

 

Dure est notre séparation

Et sur le coup de l’émotion

Mais on sait qu’on se reverra

L’amitié entre nous restera.

 

Commentaire de Mohamed Salah Ben Amor :

 

Philippe Correc est, par excellence,  le poète du vécu et du rythme , comme le montre ,  voire le confirme, ce nouveau poème narrativisé dans lequel il relate une histoire socio-affective émouvante pleine d’enseignements d’un couple qui s’est rencontré après trente ans de séparation ,  bien qu’il ait en commun  des enfants devenus adultes .Axé sur le côté profondément humain de cette histoire, le poème véhicule une attitude d’exemplarité pour les divorcés  et les séparés en général qui doivent  se convaincre que l’échec d’une relation amoureuse ou nuptiale n’empêcherait en rien l’établissement, à sa place, d’une relation amicale .En effet, la psychologie moderne nous enseigne que l’amour n’est , en réalité , qu’une idéalisation d’une personne bien déterminée sur laquelle nous projetons nos manques et notre frustration puis une fois l’état de fascination dissipé par la monotonie, ce sentiment magique s’estompe et on se retrouve devant une réalité plate et décevante. Quant à l’amitié, la vraie, qui est, par, définition réaliste et non idéaliste, elle repose sur trois piliers qui garantissent sa constance et sa perpétuité : la communication, l’entraide  et le respect mutuel

 

.Stylistiquement, le poète n’ayant  pas eu besoin , en raison de la forte charge émotionnelle que porte le thème abordé, de fignoler des images inédites , a focalisé  toute son attention sur la texture rythmique  par la diversification des rimes ( suivies en aabb / et croisées en abab) et l’emploi massif de l’anaphore ( six vers commencent par « On » et cinq par « Pour » )  et du parallélisme c.à.d. le rapprochement de phrases ou de propositions possédant une structure semblable ou proche  (pour certains, c’est l’année du bac/ pour d’autres, le collège ou la fac  – on rajeunit, on a vingt ans/ sur la piste, on crie en dansant).

 

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