Deux poèmes de Maissa Boutiche – Alger – Algérie

Maissa Boutiche

 

Solitude

 

Je me sens parfois bien dans mon isolement.

Je parle aux murs et aux oiseaux

Qui m’écoutent en silence.

Je ne veux point me libère,

Ni ni protester, ni crier au feu.

Je garde en mes tréfonds mon endurance.

 

Je ne fais rien que de contempler le ciel

Qui change à chaque instant de couleur

Tantôt gris, tantôt bleu,

De mon regard fatigué

D’avoir trop plané avec mes rêves mirages

Quand s’installe la nuit, je compte les brebis

Pour que le sommeil vienne, me libérer.

 

Je voudrai parfois briser le silence

Par mes arabesques et voler.

Mais mes ailes sont brisées

Et les chaînes retiennent avec virilité mes mollets.

Alors, je tisse mes soupirs et mes larmes en cordage

Dans un container au port de la vie en souffrance

Où mon âme archive tous mes dossiers

Dans un PC ou s’écrasent mes doigts, sur le clavier.

 

Je suis là à contempler l’horizon lointain

Depuis des heures, peut être plus.

Je ne m’en souviens plus du temps,

Ni des heures qui passent

Qui filent mes  journées,  ma naissance, ma jeunesse

Et aux aguets cette vieillesse en silence.

Je ne fais qu’écouter mon cœur et sa danse

Soule de mes plaies qui me dénudent dans le froid

Avec insolence…

 

J’écoute la pluie qui patine sur le parquet, en abondance.

Je lui tends pour cueillir ses larmes

La paume de mes mains

Que je passe sur mon cou, sur mes bras

Et sur les traits de mon visage,

Afin de me purifier et alléger de ses larmes ma souffrance…

 

Je voudrai parfois redevenir un enfant,  descendre dans la rue

Libre et insouciant de ce qui l’attend, une fois grand,

Danser sous la pluie comme jadis,

Rire de joie, mais le cœur, n’y est pas

Et les chaînes à mes pieds, m’y empêchent.

 

La pluie tombe et de ses larmes

Naissent des ruisseaux

Qui insouciants, avancent

Coulent dans le lit de la bleue qui déborde

Et diverse ses vagues sur les côtes.

Je suis toujours là à contempler le ciel gris

Priant pour que le bleu l’habille,

Écoutant le vent qui chante d’allégresse,

Fouettant sur son passage de son souffle violent

Les feuilles apeurées et les branches.

 

Je m’aime telle que je suis

 

 

Quand j’ai été enfant

Et naïve collégienne

Avec mes rêves fous et mon âme bohémienne…

 

Je m’aime telle que je suis, là où je me trouve

Et où je fais escale

Dans le cœur de l’enfance turbulente

Et un coin ou geôlière est l’absence

J’apprécie mon âge mûr entre quatre murs

Où mes pensées se serrent sur ma poitrine

Ruminantes et chantantes…

 

Je m’aime, quand même

Avec mes cheveux blancs

Et mes rides comme sillons

Qui en disent assez long

Avec mes souvenirs

Et mes profonds soupirs

Et l’absence du sourire…

 

Je m’aime comme je suis,

Bavarde comme une pie

Et silencieuse quand je prie

Rêveuse et sensible, fouinant dans mon puits.

Je m’aime quand je deviens enfant

Oubliant mes ans

Et mes cheveux  blancs qui archivent,

Mes larmes qui lessivent

Ma peur pour demain

Mes peines et mon chagrin…

 

Je m’aime telle que je suis

Élève dans l’école de la vie

Qui m’a beaucoup apprise

Mais restent des leçons

Que je n’ai pas comprises

Avant que le rideau tombe

Et le temps m’archive.

 

Je m’aime quand mes odes

Deviennent des notes de musique

M’enivrent, me font tourner la tête.

Tout l’amour du monde, s’offre à moi

Me chante à tous les rythmes…

 

Je m’aime, quand mon regard sourit

À la beauté de la vie

Et quand se rebelle et s’évade mon âme,

Voyage dans le navire du temps,  sans aucun bagage.

De la patience amante, mes rêves détenus

Dans un barrage, arrivent en retard

Ebranlent mon âme, avec Art…

 

Je m’aime quand la lassitude me gagne,

Je m’allonge éreintée,  sur mes pages.

Mes mots m’enlacent, m’offrent une encre arc en ciel

Qui embellit les murs de ma solitude et mon ciel

Et les jours de mon petit bout de femme.

Je m’aime telle que je suis, pauvre et naine

Mais riche de mes principes, l’amour océan en mon cœur

Qui brise les chaînes et le fer

Hélas, le présent ne m’épargne guère

De  mon statut de femme, se fait Gouverneur.

10 commentaires

  1. Je ne veux point me libérer. Toute ma reconnaissance et mon respect.

  2. Quant à nous on ne finira pas de “contempler ” vos poèmes si touchants. Only from the heart can you touch the sky____

    | Rumi
    Vos odes noys touchent au plus profond de nous. Merci Poétesse ❤

  3. Que dire devant une âme poétisée qui revête le beau, Azzou ami et Gentleman, votre élan est une de fraîcheur qui me donne la force d’écrire et continuer dans le chemin de la poésie qui m’a ouverte ses bras. Tendres pensées.

  4. Vous êtes la Fraîcheur même Lady Poétesse par excellence. Vous Maniez si bien et les mots et les verbes pour en sortir toujours plus grande de quelques chemins qui soient fussent ils de la solitude . Merci de nous donner toujours l’espérance des chemins de vie emplit de verdure. Vous avez toujours le mot juste et la résolution idoine. Il n’y a que la poésie qui vous ouve l’horizon . Amicalement affectueuses pensées.

  5. Merci mon ami votre noblesse est sceau sur mes pages flétries, heureuse de ton amitié qui est rai. Amitiés.

  6. Votre poésie est une découverte, belle plume.

  7. Vos pages ne dessèchent point ou tout au moins se bonifient en une impulsion pleine de vie . “Les feuilles sèches préparent la tisane de l’automne.” Vos odes ont toujours ce qualificatif de “De la poésie naissent les belles pensées, les généreux élans du cœur.” AMITIÉS SINCÈRES .

  8. superbes poèmes Maissa, ton cœur est toujours beau, brillant, plein d’amour et de tendresse. Merci pour ce veau partage très émouvant.

  9. Merci Hafsa, ton élan élan est brise printanière.

  10. Nouara parfum de mon home et rai dans mon humble parcours, mes mots se figent pour s’exprimer devant la beauté de ton âme. bise affectueuse.

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