Les archives des commentaires poétiques de Mohamed Salah Ben Amor :1- Les poèmes de Jocelyne Mouriesse :1-8 :Figuier maudit

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Jocelyne Mouriesse

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De terre

Longe à peine

Une mélodie

Veine

Un murmure enlisé

Maudit

Figuier maudit

Au-delà

Des amarres

Etale  

Sur l’ étang

L’emprise du firmament

 

Commentaire de Mohamed Salah Ben Amor:

En l’absence de mon sorcier chauve et devant l’inefficacité de toutes les méthodes de critique connues ( formalisme , structuralisme , pragmatique , déconstruction , herméneutique , cognitivisme , psychocritique , sociocritique et autres  )  qui résonnent  toutes comme de  simples petits marteaux contre  du roc  au contact des haïkus de notre amie de l’autre bout du monde  , il ne me reste que suivre mon intuition qui me trompe toujours .Relevons d’abord la dichotomie : bas (terre ) / haut ( firmament ) avec la  focalisation  massive , claire et délibérée  du bas (de terre longe à peine une mélodie – un murmure enlisé – figuier maudit – amarres – étang ) sans aucune mention  , en contrepartie , d’objets se trouvant en haut .Mais ce déséquilibre quantitatif n’a aucune valeur du point de vue qualitatif , étant donné que le firmament bien que cité une seule fois ,  a de l’emprise sur ce tout bas  d’où une deuxième dichotomie : bas faible  / haut fort , porteuse d’une connotation religieuse et métaphysique même si l’auteure n’y a peut-être pas pensé . Tentons  à présent , de saisir  le sens global du texte : il y est  sans doute question d’un paysage naturel bien déterminé que la poétesse nous décrit .Et ce paysage  comporterait un étang avec la présence d’amarres   sur ses rives pour attacher les éventuelles barques qui y amarrent  et un figuier particulier   planté sur l’un de ses bords qui tend  au dessus de lui  de longues branches dont le bruissement  sous l’effet d’un  vent doux   est reçu comme  une mélodie ou un murmure . Il reste maintenant deux incohérences qui résistent à tout essai d’accommodation avec  notre interprétation : la première est que le figuier est vert et s’il tend ses branches sur l’étang , c’est qu’il  atténue la couleur bleue du ciel réfléchie sur la surface de l’eau .D’où l’usage inapproprié  du mot ”   emprise ”  dans ce contexte . Deuxièmement , si ce figuier est maudit donc aligné  au rang du diable, quelle relation pourra-il entretenir avec le ciel qui  fait partie  du  royaume de Dieu ? Je plaisante mais je suis plus que sérieux ! En tout cas , dans quelques jours mon ami le sorcier chauve reviendra et il nous le dira .

 

 

Un commentaire

  1. Coldold Georges Noel

    De la même île que Jocelyne, je comprends ses battements de coeur pour ce petit bout de terre longue à peine qui est notre Martinique toute emplie de mystère et de poésie. Ce poème est comme l’étang qui reflète tout un monde d’en-haut avec pourtant si peu d’eau.

    G.N. COLDOLD

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