A tes yeux par : Ariel Boucher – poétesse française

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Ariel Boucher – poétesse française

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A tes yeux
Monsieur
Je ne suis pas elle
Ni aussi bel’ qu’el’
Ses grands yeux couleurs
Bleu océan
Ses mains la douceur
D’un jour de printemps
Qui se fait câlin
En prenant ta main
Pour que vous rêviez
A l’éternité
A deux
A tes yeux
Monsieur
Je n’ai son sourire
Encor moins son rire
Clair et mélodieux
Qui t’enchante
De tendres émois
Je n’ai la douceur
De sa voix
Quand je chante
Tu t’enfuies au loin
J’ai le cœur chagrin
Je pleure
A tes yeux
Monsieur
Je n’suis qu’une ombre
Parmi d’autr’s ombres
Sans reflet
Un miroir sans tain
Qui n’reflèt’ rien
Une âme effacée
Dans un coin, jetée
Une poupée brisée
Par l’indifférence
De ta présence
Monsieur
A tes yeux
Monsieur
Je ne suis que moi
Je rêve de tes bras
J’ai si froid
Dans ma solitude
Faîte d’habitude
Dans la nuit le jour
Juste un peu d’amour
En retour
Rien qu’une fois
Une seul’ fois
Papa Papa

 
Commentaire de Mohamed Salah Ben Amor :

 
Ce poème s’inscrit pleinement dans l’orientation générale choisie par son auteure que nous avions qualifiée à maintes reprises d’engagement humaniste, lequel diffère de l’engagement ordinaire par la non-distinction entre les damnés de la terre qu’ils soient des victimes d’un système politique et économique donné ou du destin. Ainsi, si notre poétesse dénonce dans plusieurs de ses écrits l’exploitation des ouvriers par leurs cupides patrons, l’atteinte aux droits de l’homme sous certains régimes, elle exprime dans d’autres sa sympathie et sa compassion à l’égard de ceux ou celles qui se débattent dans la détresse, la déception et la souffrance morale , comme nous le voyons dans ce poème où le personnage central est une fille privée de l’amour paternel qui se laisse entraîner, dès les premiers vers, dans un discours plaintif émouvant adressé à un père, à ce qu’il semble , indifférent .
Et le plus touchant dans cette situation est le sentiment d’infériorité que ressent cette fille vis-à-vis de sa mère qui est , à qu’il semble, décédée et qui jouissait de tout l’amour de ce père. Ce qui laisserait supposer l’existence chez la locutrice  d’une jalousie latente à l’égard de sa mère bien qu’en apparence elle en exprime le contraire , se montrant non seulement consciente de son infériorité mais résignée au sort que lui a réservé le destin .Et cette jalousie étouffée conjuguée à l’amour qu’elle éprouve pour le père cacherait, au niveau de l’inconscien, un complexe d’Electre, l’équivalent du complexe d’œdipe chez le garçon.
Sur le plan du style, le procédé principal qui a été mis en œuvre dans ce poème est le jeu de feinte par le biais duquel l’auteure a donné l’illusion jusqu’à l’ultime vers que l’homme auquel la fille s’adresse est un bien-aimé qu’elle adore unilatéralement et que la femme dont elle parle est une rivale.
Un poème plaisant  à lire, plein de suspense et couronné par une fin surprenante !

4 commentaires

  1. Petits moments d’égarement en ces lieux, d’où j’en suis sorti ravi ! félicitation Ariel, très beau !

  2. Mohamed Salah Ben Amor

    Dany Guyot émouvant !

  3. Mohamed Salah Ben Amor

    Laurence Boyer Que de charme et tendresse que Porte cette photo. Tres sensible. Merci

  4. Un beau poème

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