Merveilleux!… / Histoire de cœur /L’instituteur :trois nouveaux poèmes de Fatima Maaouia –poète tuniso-algérienne -Tunis

Fatima Maaouia

 

Merveilleux!

 

Je ferme les yeux

Juste un peu

Juste un peu …

Le temps…

 

Le temps

Que mon fils boive  toute

Sa tasse de lait

Sans renverser une goutte 

Et sans faire chier l’univers

Avec ce qu’il préfère

Croissant  bleu sticker vert

Quand  des milliers de gosses

Avalent l’air

Et la perte de père, mère,  terre …à l’envers

Broutent…

Boue,  crosses

Et …croule

L’air !

 

L’air empoisonné

De cette farce  d’ère

Œil de glace enfumé

Qui  engrosse

La garce de  guerre

En faisant ressortir 

L’os…des chairs

De jadis et naguère

L’os…

 

L’os que rongent

A la moelle charognards

Trafiquants et maffieux

Politicards

Barbes bleues

Amoureux des fosses

Je ferme les yeux…

 

Je ferme les yeux

Juste un peu

Non pour retenir mes larmes

Mais pour affuter mes armes  

Et retenir, juste un instant entre mes cils

En chien de fusil

Le Merveilleux

Qu’ils ont pris pour cible

Et qui va faire l’impossible

Pour  crever à jamais le néant creux de leurs  yeux.

 

Histoire de cœur

 

Construction de bribes de conversation
Surprise
Dans un lieu public
Et essai sans façon 
D’observation de la fabrication à ma façon 
Pour en tirer à défaut de brique
Insigne toison ou moissons
Un peu d’évasion et de musique

Gare au plagiat et à la contrefaçon!

BRIBE PAR BRIBE, LA CONVERSATION

Demain de bonne heure
J’irai à la police, j’irai à la police
Je leur dirai 
Que j’ai une maladie du cœur 
Un vrai supplice

Et qu’en sortant de l’hôpital 
Après la panne générale du système 
Un clou, ou une ferraille
A leur foutue 
Porte
Dont les battants
Ouvrent à tout vent “Tue”
De toutes sortes 
Et ferme mal
La plaie 
Même bébé …
Que le diable les emporte !

La ferraille
A coincé mon châle 
Le plus beau 
Celui à fleurs
Et oiseaux
La mer
Tout autour
Que je préfère d’ailleurs 
A tous les autres

Je le porte sur le cœur
Pour les grands jours
Il me vient de ma mère

Quand je le porte
Elle me dit : ” Bonjour ! ” 
C’est dire sa valeur !

Du lin, tissé main 
Un crève cœur
Ce trou en plein cœur
Qui s’ajoute au mien !

Vous pouvez donc juger de la vigueur
Non de la frayeur
Que j’ai eue
Mais de la blessure et des bleus
Aux jambes et au cou, sans compter le cœur…

Vous savez- ce que c’est un cœur ?

Qu’est ce qu’on peut faire pour vous ?

Que faire contre eux
Plutôt !

Vous savez ce que c’est les histoires de cœur?
On en rigole, on en rigole
Mais quand ça bouillonne
Ça vous déboulonne le sol
De n’importe quel bougnoule

Que dire?
J’ai peur pour mon cœur…
Flingué de l’intérieur 
Le pire
Il a du mal au cœur contre eux
Un mal de chien
Et c’est pas bien

Vous avez un cœur ?

Le mien
Me serre le cœur à deux mains
Depuis cette histoire
Il ne fait que broyer du noir
Matin et soir

C’est trop pour ses paramètres
Déjà bien mal au point…
De lever les poings

C’est pas bien
De mettre ainsi des pierres dans le cœur
C’est pas du tout du gratin au four…

Ça peut démettre pour toujours
La mécanique…
Alors fin de musique 
Pour la bourrique !

Et le moteur
Arrêtera d’émettre des fleurs!

 

L’instituteur

 

Bon,

Le débit est bon

Le cordon

Pas trop court

Son cœur résonne fait des bonds

Il a froid au cœur

Son cœur déraisonne

L’heure est bonne…

Ça le désarçonne

La cloche sonne

L’instituteur

Chargé de cours

Prit son cœur

Livre d’or

Tout rempli de craie

Et de traits

Tendit au jour

Comme une fleur ferveur

Comme un trophée d’or

Son cœur

Qui avait si à cœur

Si jeune encore

De mener à bien son cours

Mais pour l’heure

Encrier trop lourd

Pour le transport à bon port

Du manuscrit

Où le débit sourd de la vie

Accourt

Le pendit haut et court

Au tableau noir

Au milieu des galaxies

Suspension de cours…

La vie suit son cours

Mais depuis, le tableau pleure !

 

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