Les archives des commentaires poétiques de Mohamed Salah Ben Amor : 28–Les poèmes de Najib Bendaoud : 28 –17: L’ironie de mon désordre

Najib Bendaoud

 

Mon imagination recrée constamment

Toutes les absences de ta danse

J’ai surpris ton sourire narquois

Voyager loin de mes lèvres 

Ton regard railleur

Bifurquer toute l’ironie de mes sèves

Quelques lumières lunaires

Ont pu sauver mon désarroi

Elle quitta subitement mes vers

Faire tout le nécessaire

Et partit doucement sans du bruit faire

Elle n’aimait pas le silence

De mes cris amoureux

Des mes soupirs douloureux

Elle adorait le soleil et moi la lune

Elle vénérait les roses et moi les tulipes

Elle honorait la prose et moi la poésie

Elle affectionnait les chats et moi les chiens

Elle dessinait sur les tous coins

De son corps en extase de l’ordre

Et moi sur les ruelles noircies  

De mon corps las le désordre

Elle était fascinée par toutes les couleurs

De ma nature plurielle

Et moi je ne chérissais que la couleur

De son sourire unique

C’est ainsi, qu’elle a préféré le ciel

Et moi, j’ai continué à aimer la terre

Les pierres et sa voix douce

L’eau et une belle nostalgie

Une âme abattue  

Un vent brisé

C’était le vent et mon sort

Les aléas d’une balade avortée

Et j’ai continué à contempler mon aubaine

A cajoler solitairement mes chaines

Son visage garnissait mes veines

De feu et d’histoires malsaines

Mes lèvres brulaient d’un non-sens

Coloré d’une incertitude morbide

Et les mots s’entassaient

Les uns après les autres

Au fond de ma mémoire caduque

Au creux de mon ventre bafoué

 

Abattement, déprime , mélancolie … Tel est  , en substance ,   l’état d’âme générateur de ce discours dominé par l’expressif , selon le terme de John Searle , c’est-à-dire la description par le locuteur de  son propre état psychologique . Et cela s’est concrétisé en un ensemble d’images moroses et lancinantes qui accompagnent le lecteur du titre (  L’ironie de mon désordre  ) jusqu’au dernier vers  ( Au creux de mon ventre bafoué  ) et qui offrent ensemble une vision pessimiste du moi , de son état actuel et de sa destinée  future , teintée d’un doute  existentiel et d’une sensation d’absurdité  (  mes lèvres brûlaient d’un non-sens coloré d’une incertitude morbide ) . Mais  quelle est, au juste , l’origine de ce  ressenti douloureux  , trouble et obscur ? Les indices fournis ,  sans doute inconsciemment ,  à travers le texte ,  dévoilent deux causes essentielles : l’une est interne : un désordre caractériel  apparemment inné  (L’ironie de mon désordre ) et l’autre est l’incompatibilité de ce tempérament avec celui de la bien-aimée qui la place dans une position diamétralement opposée à la sienne (elle n’aimait pas le silence de mes cris amoureux/de mes soupirs douloureux/elle adorait le soleil et moi la lune/elle vénérait les roses et moi les tulipes/elle honorait la prose et moi la poésie/ elle affectionnait les chats et moi les chiens/elle dessinait sur les tous coins de son corps en extase de l’ordre  et moi sur les ruelles noircies   de mon corps las le désordre…). Pourtant ,  il l’aime et il continue à l’aimer, ce qui montre que l’Amour fait fi de toutes les différences et les formes de discordance  et que la douleur le raffermit au lieu de l’affaiblir .

Un autre poèmebien  réussi parce qu’il émane d’une expérience singulière et vécue ,  doublée de capacités créatives incontestables .

 

Un commentaire

  1. très merci ami et voisin pour cette lecture agréable de ce poème.

    félicitations… j’ai très aimé.

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