Les archives des commentaires poétiques de Mohamed Salah Ben Amor : 28–Les poèmes de Najib Bendaoud : 28 -9 : Délires libidineux

Najib Bendaoud

 

Je rêve de toucher ton sourire libertin

Avec le bout de mon regard débauché

Je rêve d’émouvoir ton songe impur

En rafraichissant ton âme séduisante 

Mes yeux meurent d’envie insalubre

De savourer l’éclat de tes yeux hagards  

Mes mains tremblent de joie dangereuse

De se balader dans les parfums pernicieux

De tes merveilleuses mains absentes

Mes lieux assoiffés s’enchantent

De retrouver tes lieux blasphémés

Mes temps harassés se sont vus

Enfin au creux de ta danse félicitée

J’ai parlé de toi avec ma terre

J’ai parlé du bleu de ton rêve avec ma mer

J’ai parlé au ciel de ta beauté terrifiante

J’ai parlé à tous les vents de mon temps

De tes promesses blâmées

J’ai parlé à ma nuit de tes oublis sordides

Et à ma lune de tes fameuses sorties hybrides  

Et à mon destin de mes célèbres rides

Et toi, loin de mon silence aride

Tu enfantes la joie par ton absence imparfaite

Tu es complètement ce rare vide

 Enfin,

J’ai appris à cohabiter

Avec le blanc de ton silence morbide

J’ai appris aussi à ne plus compter les secondes

Qui séparent ma furie de ta foire érotique

J’ai appris à dissimuler mes fous désirs

Loin de tes fausses promesses luxueuses   

J’ai appris à faire taire mes délires libidineux   

Loin des tes lieux vagues

Loin de la danse confuse de tes vagues  

 

L’amour que chante le poète cette fois s’écarte des sentiers battus par le caractère normalement  répulsif de l’être aimé tel qu’il le décrit , du fait qu’il l’associe au mal et à la laideur ;  mais qui , contre toute attente , porte son désir à son paroxysme avant  qu’il ne  réussisse à maîtriser  son libido démesuré . Partant de ce noyau sémantique complexe   ,  il  divise son texte en deux grandes parties  se succédant conformément à ces deux états d’âmes ( surexcitation / calme  ou résignation )   puis génère  de la première deux  axes principaux  :   le caractère malsain et interdit de l’objet aimé  (  libertin  – débauché – impur – hagards  – pernicieux –blasphémés – blâmées – hybrides  – aride – imparfaite – morbide – vagues … ) et l’intensité de son désir à son égard (je rêve de – mes yeux meurent d’envie insalubre – mes mains tremblent – mes lieux assoiffés s’enchantent – j’ai parlé : sept fois  ) . Quant à la deuxième partie  qui débute par l’adverbe ” enfin ”  , elle est dominée par la voix du sur-moi ( ” j’ai appris ”  : trois fois  et la défaite du ça : ” dissimuler mes fous désirs ”  -” faire taire mes délires ” ) . Enfin , nous pouvons dire  que sommes ici devant un  discours palpitant de vérité  ,  brossant un tableau authentique de la psyché  de l’homme mâle    au moment où elle   se trouve sous l’emprise des pulsions libidineuses et de sa  grande capacité de résister  à leur charge . Côté style , le poète est , comme à son accoutumée , égal à lui même  ,  que ce soit au niveau du rythme interne engendré surtout par les répétitions  ou sur le plan des images  qui déferlent du début jusqu’à la fin  sans verser à aucun moment dans le commun et le vulgaire .

 

Un commentaire

  1. très bonsoir ami et voisin Mohamed Salah Ben Amor

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