Les archives des commentaires poétiques de Mohamed Salah Ben Amor : 26–Les poèmes de Gaëtan Parisi : 26 -14 : Automne de ma vie

Gaëtan Parisi

 

Sous le lourd soleil de l’automne

De ma vie

Les ombres s’allongent  monotones

Sans aucune synergie

Sur la place inquiète

De mes territoires déjà obsolètes

Ma vie se fige en tragédie

Les silences nostalgiques

Les absences mythiques

Encore se réveillent

Et encore se révèlent

Mon âme  flotte

De chemins en ruelles

Dans cette ville sotte

Ton image comme une projection virtuelle

Voltige de plus belle

Dans le sombre du ciel

N’efface rien

Ne retire rien

Laisse l’hiver prendre pied sur ton dessin

Laisse s’installer à dessein

Les chimères des soirs enfumés

Dont je respire l’âcre odeur de rêve séculaire

Chimères des matins solitaires

Qui résonnent au rythme impatient de mes envies

De mes folies

Les folies nécessaires

A ma survie

A la renaissance  d’une dernière vie

Sous le lourd soleil de l’automne

De mon agonie

Les ombres s’allongent  monotones

J’attends

J’espère

Un souvenir autorisé

Falsifié

Par pitié

Ou

Par générosité.

 

Nous savons tous , par expérience, que les thèmes le plus abordés en poésie  dans toutes les cultures depuis l’apparition de cet art linguistique  sont les thèmes lyriques . Mais nous savons , par expérience aussi, que la majorité absolue des poèmes écrits sur ces thèmes  sont d’une médiocrité criarde,  du fait que leurs auteurs tombent dans le piège de la facilité, en cumulant les expressions communes  dénuées de tout attrait esthétique.  L’auteur  de ce poème , par contre , a démontré jusqu’ici   que malgré son penchant pour les thèmes subjectifs sombres et en particulier celui de la tristesse , il  réussit  non seulement à préserver sa langue de la banalité et la vulgarité  du langage commun mais  aussi à l’élever à un haut niveau de poéticité, en lui insufflant un ton original, tel que le montrent ces images poignantes de pure création : ” mon âme  flotte de chemins en ruelles dans cette ville sotte – les chimères des soirs enfumés dont je respire l’âcre odeur de rêve séculaire , chimères des matins solitaires qui résonnent au rythme impatient de mes envies de mes folies – sous le lourd soleil de l’automne de mon agonie les ombres s’allongent  monotones…Et c’est justement ce qui fait la différence entre versificateur  et poète : le premier exprime  son ressenti dans une langue fade et insipide bien qu’elle soit conforme aux règles séculaires de la rhétorique et de la grammaire  tandis que le second  la purifie des sens référentiels  et des incongruités du langage commun. Sur ce, si l’état d’âme meurtri  du locuteur suscite sympathie etempathie, la finesse avec laquelle  il a livré son discours nous incite à le lire et à le relire sans modération.

 

 

 

Un commentaire

  1. Cher professeur
    J’avais oublié cette analyse pleine d’ebciragement !
    Merci encore pour votre travail qui reste notre moteur essentiel de créativité !

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