Entretiens de « Culminances » :14 -Avec le poète sénégalais Assane Dieng

Assane Dieng

 

Qui est Assane Dieng ?

Assane Dieng à l’état civil, portant le nom d’auteur d’Azo Dieng et un deuxième pseudonyme Assane Jung est né le 2 mars 1990 à Dakar (Sénégal). Il a fait ses études en littérature française à l’université de Gaston Berger à Saint-Louis . Il est fondateur du groupe Rimes du fleuve et administrateur de la nouvelle plateforme web Ekessi.com dédiée à la poésie. Sa poésie se caractériser par trois traits principaux : Le premier est son ancrage sur le plan des thèmes dans le terroir local au sein d’un arrière-fond culturel bien défini : l’Africanité en tant qu’idéal identitaire, le second est l’ouverture sur le monde par l’attachement aux grandes valeurs humaines et surtout la justice et l’égalité et le troisième qui est d’ordre esthétique est le puisement de ses images du cadre naturel africain.

Son premier recueil intitulé Premières pluies a paru aux éditions l’Harmattan Sénégal en 2013.

Question 1 :Lorsqu’on parle aujourd’hui de la poésie au Sénégal, la première question qui vient à l’esprit est la suivante :Ce pays a-t-il enfanté après le grand Léopold Sédar Senghord’autres poètes de cette trempe ou du moins qui promettent de l’être à l’avenir ?

Assane Dieng :Je dois dire qu’après le Magister Senghor, oui le Sénégal a enfanté d’autres poètes et en enfantera aussi longtemps qu’il existe. Ce qui me paraît important, ce n’est pas qu’on ait de nouveaux poètes de la trempe de Senghor ou qui seraient des Senghor bis mais, c’est d’avoir des poètes qui à leur tour marqueront la poésie sénégalaise, africaine et mondiale comme Senghor  et ses pairs ont eu à le faire.

Question 2 :Vous écrivez vos poèmes en langue française qui est la langue officielle du pays. Cette langue vous permet,sans aucun doute,de faire parvenir votre voix aux quatre coins du monde mais dans votre pays  où la langue la plus parlée est le wolof  vous sentez- vous isolé de votre peuple ?

Assane Dieng :Aucunement ! Je ne me sens pas isolé de mon peuple, encore moins coupé de lui dès lors que je peux dans mes poèmes et mes activités littéraires partager avec lui mes émotions, mes craintes, mes envies et mes colères. Cela étant, il est clair que ma poésie ne s’adresse pas à tout le monde – du fait de la barrière linguistique  – mais il n’empêche, j’essaye de diversifier mes tribunes d’expression afin de toucher le maximum de personnes dans mon pays.

 

Question 3 :Certains disent que la littérature africaine de langue française n’est qu’une branche de la littérature française, puisqu’elle est traversée par les mêmes courants qu’en France. Etes-vous de cet avis ? Et si elle  est africaine en quoi consiste son africanité ?

Assane Dieng :Non, je ne suis pas du tout de cet avis. La littérature africaine d’expression française puise son inspiration de nos histoires, de nos imaginaires et de nos patrimoines. Prenons les poèmes de Senghor par exemple, on y voit en filigrane toute l’influence de la culture Sérère.

Il n’est pas le seul, des romanciers Aminata SowFall, Mamadou Sambe, SeydiSow ou encore SokhnaBenga ont traité de thématiques très africaines.

Et encore ça c’est pour le Sénégal, je n’ai pas parlé des autres auteurs africains qui eux aussi ont dans leurs œuvres développé une littérature vraiment africaine. Que dire de la littérature orale aussi que l’on retrouve dans la littérature africaine, les épopées, les contes et légendes, etc.

 

Question 4 :Dans vos poèmes, vous essayez  de puiser vos thèmes dans le terroir sénégalais.Est-ce dans un souci identitaire ou simplement parce que votre sensibilité est réaliste ?

Assane Dieng :Je puise mes thèmes dans le terroir sénégalais pas par souci identitaire, mais c’est plutôt une sensibilité réaliste et réelle parce que je conçois que tout ce que j’ai de beau à offrir au monde, c’est moi. Et il se trouve que je suis très imbu de ma culture peule et étant né au Sénégal et ayant grandi dans ce pays, ce pays c’est ce que j’ai au fond de mon cœur et au plus profond de mes tripes.

Question 5 :Les principaux problèmes qui vous préoccupent dans votre poésie sont ceux de l’égalité et de la justice. Croyez-vous que ces deux valeurs auront leur place un jour en Afrique ?

Assane Dieng :Pas seulement qu’en Afrique. Ces deux valeurs doivent sous-tendre la marche du monde et je reste convaincu qu’à force d’efforts nous arriverons à ce faire de ce monde, de l’Afrique un terreau de l’égalité et de la justice.

Question 6 :Le Sénégal est l’un des rares pays musulmans  qui ont été épargnés par l’extrémisme et le terrorisme. Quels sont les secrets de cette modération  que beaucoup vous envient ? Les traditions ? L’éducation ?La culture locale ?

Assane Dieng :Je dirais notre culture. Et dans cette idée de culture, il y a naturellement nos traditions et notre éducation qui font de nous – Sénégalais – des épris de paix mais aussi de liberté. À cela s’ajoute la tolérance que nous cultivons chaque jour entre nous. Je pense que cela est le ciment de cette stabilité tant religieuse que politique que d’autres nous envient. Pour autant, il ne faudrait pas prendre cet état de fait pour acquis, nous devons cultiver davantage la paix et la tolérance et surtout rester vigilants face aux velléités de radicalisation.

Question 7 :Vous poèmes laissent entrevoir une forte tendance à l’universalité. Croyez-vous que ce courant est réaliste et qu’il a une chance de réussir devant l’hégémonie des grandes puissances mondiales, la cupidité des multinationales et le racisme ?

Assane Dieng :Oui. Je le crois fortement. Autant je suis imbu dans ma culture, autant l’universalité est pour moi une évidence. Et c’est en cela que j’épouse la philosophie de Senghor : enracinement et ouverture. Et tout ceci me conforte dans l’idée que l’universalité est l’avenir du monde. On ne se bat pas contre l’amour, et il y a de l’amour dans l’université.

Question 8 :Quelques uns de vos poèmes ont été traduits en arabeet  d’autres ont été commentés dans cet espace.Quelles sont vos impressions sur le travail qui y est entrepris en vue de la promotion de la poésie mondiale ?

Assane Dieng :C’est pour moi une grande fierté et un honneur surtout. Cela m’encourage à travailler à produire un contenu qui puisse être utile au monde.

C’est aussi l’occasion de remercier le doyen Mohamed Salah Ben Amor pour le travail qu’il accomplit et tout ce qu’il fait pour la poésie mondiale.

Question 9 :Le facebook vous a-t-il apporté quelque chose en tant que poète ?

Assane Dieng :Facebook m’a apporté le doyen Mohamed Salah Ben Amor. Je le remerciais pour son travail dans ma réponse précédente, je le réitère ici et exprime toute ma joie d’avoir rencontré une personne de sa trempe.

Question 10 : Quels sont vos projets proches et lointains ?

Assane Dieng :Mon projet dans l’immédiat c’est d’accompagner mon deuxième recueil « Semailles » dans sa promotion et puis après embrayer mon prochain projet littéraire «#InstantsVolés » qui sera le troisième opus de la trilogie que j’ai commencée avec les « Premières pluies ».

Un commentaire

  1. J’aurai voulu qu’il donne les 3 éléments les plus important de ses compositions poétiques et comment il qualifierai lui même sa orme poétique.on sent une tension dans cet entretien , il ne se lâche pas. On n’a bien compris que c’est un enjeu important pour lui

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