Les archives des commentaires poétiques de Mohamed Salah Ben Amor :6 – Les poèmes de Solène de Lam:6 -10 :Je suis soupir

Sonnet dédié à Mohamed Salah, par amour des mots et de la poésie, pour ce qu’il aime goûter les fruits des écritures des âmes, dont il sait si bien scruter les heurts, si bien les dire, et partager ces petits gâteaux de compliments qu’ils nous offre, quelques notes parfois incisives, souvent précieuses, qu’il n’hésite pas à rendre à notre copie, en si bon professeur qu’il est. Amicalement, Solène de Lam.

Solène de Lam

 

Déjà le temps ne ressent plus aucun effet

Quand en passant dans les allées de son jardin,

Aucune fleur, aucun oiseau, aucun regret

Ne laisse à l’âme le souvenir d’un âge meilleur.

 

Jamais la vie n’a de saveur autant qu’en rêve :

Pleine d’entrain, elle est folie, douce chimère ;

On court après les sentiments, aucune trêve,

Car notre cœur n’aura de paix que s’il est guerre !

 

Vaille que vaille, voici la vie, quelle chérie !

 

Quelle aventure que ressentir : être jardin, 

Être plaisir et être aimée, être nature ou bien envie…

 

Déjà le temps qui m’est donné est souvenir.

Je me promène encore un peu dans mon destin…

Près de mon rêve je repose, je suis soupir.

 

 

Tout en remerciant notre poétesse Solène pour sa gentille dédicace, je me dois de préciser que je ne pratique pas la critique littéraire avec l’âme et l’esprit d’un enseignant qui corrige des copies d’élèves mais en tant que lecteur amoureux de beaux textes littéraires qui ne représente que soi-même et qui se met sur le même pied d’égalité que les auteurs .J’attire l’aimable attention de Solène aussi que j’ai commencé à publier mes textes   critiques  à l’âge de dix-sept ans alors que j’étais élève au lycée , qu’à l’âge de vingt-et-un ans j’avais déjà fait paraître mon premier livre et à la même année j’avais été  reçu à Paris par les deux grands écrivains français Philippe Sollers et Jean-Pierre Faye dans leurs bureaux alors qu’ils étaient directeurs respectifs des revues “Tel quel” et “Change” après que le journal “Le Monde” eut parlé de moi . Ainsi, ce n’est pas de l’université que je suis venu à la critique mais c’est dans la scène littéraire que je suis né. Bon ! Cela c’est de l’histoire. Passons au poème. Ce nouveau texte porte profondément l’empreinte spécifique de son auteure, à savoir une sensibilité aiguisée à fleur de peau qui trouve son expression dans la haute charge émotionnelle dont s’empreignent les mots. Dépaysée par la monotonie, la fadeur et la platitude du réel et effrayée par la fuite inexorable du temps ( le temps  ne ressent plus aucun effet quand, en passant dans les allées de son jardin , aucune fleur, aucun oiseau, aucun regret ne laisse à l’âme le souvenir d’un âge meilleur ), la poétesse ne trouve refuge que dans le rêve .Mais quel refuge! Il a toutes les particularités d’un paradis(jamais la vie n’a de saveur autant qu’en rêve : pleine d’entrain, elle est folie, douce chimère ; on court après les sentiments, aucune trêve  – être jardin, être plaisir et être aimée, être nature ),ou plus exactement d’un paradis perdu :la matrice protectrice de la mère .Cependant s’agit-il de la mère biologique ou bien de la classe aristocratique déchue par la révolution de 1789 et dont l’auteure  est issue ? Une question bien légitime à se poser car les grands chantres du romantisme Mme de Staël, Chateaubriand, Alfred de Musset, Alfred De Vigny et autres qui étaient de la même souche n’étaient-ils pas saisis par l’horreur de l’espace citadin, le chef-lieu de la bourgeoisie montante et ne tentaient-ils pas une fuite en arrière vers la nature, l’enfance, le passé collectif révolu et le rêve ? Du point de vue style, la rencontre entre le rêve éveillé, l’inconscient et l’imaginaire a empreint le texte d’une ambiance hautement romantique .

Un très bon poème Solène ! Bravo!