Les archives des commentaires poétiques de Mohamed Salah Ben Amor :5 Les poèmes de Philippe Correc :5-3 : Questions de vie

 

 

Qu’il y a t-il de plus beau que le chant d’un oiseau ?
Un enfant qui sourit à l’entrée dans la vie.
Qu’il y a t-il de plus chaud qu’un soleil au plus haut ?
Des amoureux épris conjuguant leurs envies.

Qu’est pour vous le bonheur, un grand champ plein de fleurs ?
Un couple très âgé continuant de s’aimer.
Qu’est pour vous le malheur, des morts bercés de pleurs ?
Un monde à partager sans enfant pour clamer.

Guidez-moi, aidez-moi à continuer ma quête
Ne me laissez pas seul continuer mon chemin.

Et pourquoi ces questions qui trottent dans ma tête ?
Profitons de l’instant, plus d’interrogations
Savourant le présent, vivons avec passion.

 

 

Dans ce court poème, l’auteur nous fait part d’une série de questions qui le tracassent et assaillent son esprit de toute part sur la conduite à suivre dans ce bas-monde et les choix qu’il faut faire pour profiter pleinement de notre passage sur terre. Cette prolifération de questions – pas moins de six en douze vers – outre qu’elle marque ses propos d’une empreinte existentielle (pourquoi ces doutes qui m’assaillent sans fin? – pourquoi ces questions qui trottent dans ma tête ? ), le guident à y trancher , en adoptant une voie fondée sur l’idée de profiter à l’extrême des plaisirs et des joies de la vie(Et pourquoi ces questions qui trottent dans ma tête ?/Profitons de l’instant, plus d’interrogations / Savourant le présent, vivons avec passion ) qui nous rappelle, du moins formellement, la philosophie de l’ancien poète et savant persan Omar Khayyām( 1048 -1131 )qu’il résume en ces mots : « Tu n’as pas aujourd’hui de pouvoir sur demain / L’anxiété du lendemain est inutile/ Si ton cœur n’est pas insensé, ne te soucies même pas du présent / Sais-tu ce que vaudront les jours qu’il te reste à vivre ? » .Mais en examinant de près les plaisirs et les joies prônés par notre poète et dans lesquels  il voit incarnée la forme idéale du bonheur (le chant d’un oiseau ? – Un enfant qui sourit à l’entrée dans la vie – qu’un soleil au plus haut ? – Des amoureux épris conjuguant leurs envies – un grand champ plein de fleurs – Un couple très âgé continuant de s’aimer), nous constatons qu’ils diffèrent profondément de ceux que cherchait Khayyām (ivresse et amour charnel à volonté ), du fait qu’ils soient tous légitimes et innocents et à la portée de toute personne croyante ou non-croyante .Et c’est là où réside la spécificité de la vision de l’auteur.

Stylistiquement, le procédé mis en œuvre dans la présentation de la question traitée, malgré la nature intellectuelle de celle-ci ne manque pas d’attrait et de charme, surtout sur le plan du rythme où le poète excelle comme d’habitude .Un poème court et léger mais profond et agréable à lire .

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