Deux nouveaux poèmes de Maissa Boutiche – Ain Bénian-Alger-Algérie

Maissa Boutiche

Malmenée par le vent des pensées

 

Du jour au lendemain, je me perds dans le monde

Et ces opinions rétrécies

L’un me dit : – c’est haram ce que tu écris ?

L’autre réplique : – que cesse ta poésie ?

Et l’autre : c’est interdit pour la femme, il me chante ?

 

Je répondis :

–    Qu’elle sommeillait au coin de mon cœur,

Qu’elle régénérait mes belles fleurs,

Qu’elle estompait toutes mes douleurs.

Elle a marqué mon passage

Et réveillé mes tatouages,

Qu’elle m’a révélé un monde magique

Et où je vaquais avec ma nostalgie.

Elle a apaisé mes blessures

Et éclairci mes chemins durs.

Bah, jasez autant que vous voulez !

Emprisonnez-moi par vos lianes !

Maillotez, ma belle âme

En dispersant si vous le pouvez,  ces pensées?…

 

Libre  est mon âme et ambassadrices sont mes pensées !

Elles sont voyageuses à tout temps

Comme tant d’âmes de mes semblables.

Ecrire c’est le cri de l’âme,

Briser le silence infâme

Et rêver,  c’est monter la vague,

Fermer les yeux quand le soleil sur tes traits vaque,

Voler dans le ciel bleu ou gris de nuages.

C’est accompagner le chant du vent quand il courtise les vagues

C’est regarder avec amour le frissonnement

Des branches des arbres…

 

La poésie fait danser mon cœur, au chant de la pluie,

Dialoguer avec la beauté de la vie,

Me procure un peu de bonheur

Berce les plus endurcis des cœurs.

C’est le langage du cœur

Qui sur mes pages vierges dessine et parfois pleure.

 

Pourquoi me prive-t-on de rêver?

 

Pourquoi mes rêves perdurent ?

Pourquoi, pardi, dérangent-ils ?

Pourtant,  ils sont issus d’un cœur d’enfant

Assoiffé d’amour

En ses chemins, des barrières où ses pas reculent,

Trébuchent, jamais n’avancent.

Ils ne sont pourtant que douceur enfantée avec douleur

A la recherche d’une poitrine pour colorer ses songes !

 

Ils  ne sont pas caprices de fille de Roi,

Ni gâterie d’une Princesse du Sultan, 

Ni Medium, ni charlatan,

Ni disciples dans une cour,

Ni demandeurs d’asile

Pour un nouvel extrait de naissance.

Ils ne sont qu’à la recherche d’un salut et d’une paix

En soi où l’amour dure quatre saisons et se prolonge…

 

Oh Dieu tout puissant,

Mes rêves sont en latence !

Pourquoi brise-t-on leurs ailes ?

Ils ne sont que brise de matin

Et des nuits de romance.

 

Oh Ame exilée, pourquoi ligote-t-on

Tes chevilles et tes poignets de fer ?

Ils écorchent vive ta peau et te lacèrent

Et ce mur de pensées qui te gèle de son silence

Alors fait de tes déceptions

Une rive où accoste l’amour

Ou seront bannies la haine et l’indifférence?

 

Oh Soi et féminité épuisées et à fleur de peau

Rêver se paye si cher

Ta liberté confisquée

Et tes pensées au vol emprisonnées 

Se battre dans ce  présent injuste est insensé

Car ton combat est à perdu à l’avance

Et la récolte n’est que souffrance…

 

Alors offre ta plume et ton calepin au violon du vent

Et aux vagues qui pour se réchauffer du froid

Sur le sable humide, chutent en silence.