Poème du jour (Nouvelle série) 4 :Des émotions au ciel par :Little Di Hippon – poète guadeloupéen résidant à Paris

Little Di Hippon

 

Parfois

Le silence

Est ce tableau

Que je peins

Quand

Je me noie

Dans l’eau

De mon

Imperfection

Alors

J’apprends 

À pleurer

Seul

Au rythme

Du tambour

Battant

De l’enfant Soleil

Qui a perdu

Son nid

D’amour

En chemin

C’est ça

La vie

Un combat

Perpétuel

Avec soi même

Pour être là

Juste là

Avec

Le sable chaud

Comme une 

Couette

Et l’eau salée

De la renaissance

Perpétuer

La tradition

Des choses

Simples

En restant

Près

De sa terre

Celle qui me

Rend fier

Terre à terre

À la lumière

De l’homme

Ordinaire

Qui demandait

Des mots

À la vie

Des émotions

Au ciel

 

Commentaire de Mohamed Salah Ben Amor:

 

De nombreuses années se sont écoulées depuis que l’auteur de ce poème a quitté, tout jeune, son pays natal :le Guadeloupe  et débarqué à Paris .Et cette longue période l’a , semble-t-il, fait gagner en maturité, car du discours plaintif et lamentatif  engendré par la xénophobie dont il se sentait  victime dans ce gigantesque milieu urbain et qui ne s’est pas effacée de sa mémoire  (J’apprends/ À pleurer/Seul/Au rythme/Dutambour/Battant/De l’enfant Soleil/Qui a perdu/Son nid/D’amour), le voila qu’il passe à la réflexion sur la vie et le destin , ce qui est totalement nouveau pour nous , nous qui l’avions suivi depuis ses premiers pas en 2009.

S’élançant dès le début dans un questionnement pathétique sur sa propre condition dans ce monde, en regardant de près et de face son intérieur (Le silence/Est ce tableau/Que je peins/Quand/Je me noie/Dans l’eau/De mon/Imperfection), son expérience lui donne le courage qu’il faut pour reconnaître ses défauts (mon imperfection) et l’amène à adopter une vision réelle de soi, en tant qu’un  commun de mortels (En restant Près/De sa terre/Celle qui me/Rend fier/Terre à terre/À la lumière/De l’homme/Ordinaire), une vision, à vrai dire, rare chez les poètes dont les plus modestes d’entre eux se sentent supérieurs à l’homme commun soit par l’inspiration qui leur vient d’en haut (selon certains) , soit par les capacités imaginatives dont ils jouissent (daprès d’autres), ce qui revient à dire en un mot que quand quelqu’un s’identifie à l’homme ordinaire ne peut être poète.

En plus de cela, l’auteur s’attribue, tout comme l’homme commun, deux traits de personnalité opposés mais complémentaires : la compétence communicative sur terre et  la foi en le créateur  (l’homme/Ordinaire/Qui demandait/Des mots/À la vie/Des émotions/Au ciel) .Et leur appropriation ensemble exige, selon lui,  une parfaite maîtrise de soi, à travers un lutte intérieure continuelle  contre ses mauvaises habitudes (C’est ça/La vie/Un combat/Perpétuel/Avec soi même).Ainsi , se dégage de cet autoportrait un Moi en quête d’un idéal de vie basé sur l’équilibre entre le réel vécu et le spirituel. L’a-t-il acquis  ? Ou bien il ne fait qu’y aspirer ?

Le style mis en œuvre dans ce poème ne déroge pas aux procédés auxquels l’auteur nous a habitués, en particulier la forme étirée du texte résultant de l’accourcissement excessif des vers, le monologue intérieur et l’auto-analyse psychique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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