Printemps d’Avril : Mouina El Achari –Rabat –Maroc

Mouina El Achari

 

Notre printemps était de courte durée.

Non, c’était un rêve de printemps

Qui s’est avéré un gros poisson

Venu un début d’hiver fort et affamé.

 

Nous lui avons réservé un accueil chaleureux.

Bousculés , ensanglantés, mais heureux

D’être considérés comme de vrais citoyens

Qui ont crié dégage et leurs voix s’écoutaient enfin.

 

Notre printemps était rouge mais beau,

Parsemé d’épines mais l’espoir était gros.

Des chants et des larmes ont été versés

De joie, malgré les âmes offertes à la liberté.

 

Notre printemps a détrôné des dictateurs

Pour installer tout un système de répression

Fabriqué et monté par les génies créateurs

De ce rêve – cauchemar nommé printemps.

 

Notre printemps que nous avons voulu vert

Pour couvrir de fleurs nos cœurs et la terre

N’a pas résisté à la chaleur d’un étrange enfer

Qui a brûlé nos espoirs fondus dans la galère.

 

Notre printemps s’est vêtu de rouge et noir.

Il  nous a plongés dans un total désespoir

Que nous avons abandonné  nos patries

Vers l’inconnu petits et grands les cœurs meurtris.

 

Notre printemps nous a complètement divisés

En sectes qui s’entre-tuent tels des barbares

Venus d’une autre planète aux idées bizarres

Pour semer en nous la terreur et nous déchirer.

 

Notre printemps s’est transformé en balcon

D’où, en toute souffrance nous suivons

Des familles éparpillées à la recherche d’un abri

Telle celle du petit Aylan par la mer engloutie.

 

Où es- tu parti cher printemps ?

As-tu oublié ton serment ?

Nous t’avons offert notre sang,

Nos âmes et notre argent.

Quel avenir nous attend

Après avoir perdu la nation ?

Ô printemps aie pitié des enfants !

Laisse-nous l’été il est plus clément

Et dégage, nous te haïssons…

 

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