La traversée du désert par :Maissa Boutiche – Alger –Algérie

Maissa Boutiche

 

J’ai beaucoup voyagé depuis un certain temps

J’ai pris tous les moyens de transport

J’ai attendu sur le quai le train qu’il arrive

J’ai pris aussi l’avion

J’ai navigué comme Capitaine sur mon navire

J’ai écris des rêves et tant de lettres

J’ai puisé dans mon encrier et noirci tant de papiers

J’ai parcouru les quatre saisons

J’ai régénéré le printemps avec ses belles couleurs

J’ai dansé comme un enfant, au chant du laboureur…

 

Je me suis fait pousser des ailes comme un oisillon

Dans les cieux, j’ai été voisine de la lune

J’ai arpenté mes rives,

Et sur les lèvres de ma terre brune

J’ai chanté la liberté, l’amour et le rêve …

 

Voyager, c’est important à travers mon regard d’enfant

En la musique du Khalkhal de ma mère

Et  au son de la canne de mon père

J’ai écrit sur l’échafaudage de ma peau et de mes ans

Dans les larmes des femmes et des enfants

J’ai monté les vagues, dansé sur un seul pied à la brise du vent

J’ai enfanté des rêves dans les bras de ma bleue

J’ai lu dans les rides ce qu’elles archivent

J’ai erré sur mes collines, sans rênes, ni brides

Les pieds usés et sans guide

J’ai constaté que voyager, c’est oublier sa douleur

Ses plaies, ses chaînes de fer et le déni des cœurs …

 

Venu le temps d’oublier mes maux et mes dures épreuves

Ma Montée au Mont et ma chute sur les pierres

Prendre à bras le corps ma vie, avec ses joies et ses chimères

J’ai reculé au lieu d’avancer, j’ai patienté et j’ai attendu

J’ai accepté les promesses qui n’étaient que du vent

Je me suis faite de l’absence, du feu de ma nostalgie et de sa souffrance

Le rêve m’a épuisée et l’amour m’a déplumée

Je me sens fatiguée, par l’errance de mes pensées

J’essaye de les éloigner d’un revers, d’un battement de cils

De ne plus les suivre, tant elles sont harceleuses

Je me suis dit, que je n’arriverai jamais à gérer ma vie

 Amante de mes rêves, tant qu’ils me pourchassent

 Et ces pensées qui m’enlacent, je me sens éreintée et si lasse…

 

 Je m’assis sur mon lit, tout me fore et me plie

 Et je me suis dite, finis les rêves gitans

 Le mal de l’absence et la nostalgie poignante

Adieu l’amour et son endurance

Rien ne reviendra comme avant, ni les êtres ni le temps

J’aime ma solitude, l’errance avec ma valise

Mes rêves mirages et ma souffrance

J’ai tant voyagé sur le rythme de mes rimes et de mes proses…

 

Voyager c’est important

J’étais disciplinée et j’arrivais toujours à temps

 Et je ne fais que me brûler de mes cendres

Finie la traversée du désert

Il est temps de laisser dormir en mon puits cet enfant

De laisser derrière, tous ses souvenirs

 De vivre en paix avec soi même

De laisser refaire son printemps, l’hirondelle

Venu le temps de rassembler mes feuilles éparpillées

Oublier mes bleus, ne plus les réveiller…

 

2 commentaires

  1. Avatar

    tu es à la croisée des chemins,ne soit pas inquiète la vie poursuit sa ritournelle . Soit l’oiseau qui ne se préoccupe pas du passé mais seulement du lendemain.Tu aimeras chaque seconde de ta nouvelle vie et les moments peu agréables ne dureront qu’un instant . Que tes rêves t’emportent sur les chemins inconnus.
    Mais n’oublie pas que des amis te lisent ,ne perd jamais ta mine.
    Mon amitié Fraternelle, mes pensées les meilleurs…….gerard

  2. Avatar

    merci Cher ami Gérard de a noblesse, de ton élan et de ton amtié qui est rai en mon humble parcours de poètesse.
    Mon amitié sur les ailes de mes tendres pensées.
    Maissa Boutiche

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