Les archives des commentaires poétiques de Mohamed Salah Ben Amor :25 –Les poèmes d’Elena Martinez:25 –1 : Un peu d’espoir

Elena Martinez

The young serious woman - the chief sits in an office

Il est de toutes mes guerres
De toutes mes batailles livrées aujourd’hui et hier
Il est de toutes mes joies, de toutes mes peines
D’aussi loin que je m’en souvienne

Il est le fidèle compagnon de tous mes combats
De tous ceux que nous menons ici-bas
Il a toujours été présent
Parfois discret, quelquefois distant
Parfois en retraite
Et trop souvent en défaite

Attendant dans l’antichambre du silence
Ou dans le brouhaha de l’existence
Que se tisse la trame serrée de notre histoire
Sur l’écheveau des fils tressés de la mémoire

Pour toi, je laisserai une page blanche
Où rien n’est écrit et où le silence
Est inscrit entre les marges
Ni mot hasard, ni mot poignard
Dans le tumulte des phrases
Un petit mot, un seul petit mot sage
Espoir…

(Poète hispano-canadienne)

 

Ce poème partiellement autoportraitique revêt pour le critique qui s’intéresse aux écrits d’Elena Martinez une certaine importance, du fait qu’il lui éclaire un côté décisif et déterminant de son psychisme : la nature de la vision qu’elle a d’elle-même et du monde et qu’elle a tenu à mentionner dans le titre même :« Un peu d’espoir ».

Cette vision, avouons-le, n’est pas très commune, car elle se place entre les deux représentations de la vie et du monde les plus courantes : l’optimisme béat et sans retenue frôlant la niaiserie /et le pessimisme obscur qui nie toute possibilité d’amélioration, s’identifiant ainsi au fatalisme. Et cette nature médiane , si l’on se tient  à la description que l’auteure nous en donne, présente les deux caractéristiques suivantes : d’abord elle est innée et non acquise et la preuve en est que la poétesse  ne se souvient pas de ses débuts (D’aussi loin que je m’en souvienne), ensuite elle concorde totalement avec deux  autres traits  de sa personnalité :  la combativité (mes guerres – mes batailles – mes combats )et le réalisme(Parfois discret, quelquefois distant/ Parfois en retraite/ Et trop souvent en défaite).

L’ensemble de ces renseignements que l’auteure nous donne  sur elle-même nous sera, sans aucun doute, d’une grande utilité pour bien comprendre plusieurs de ses autres poèmes .Et là réside justement la valeur des textes autobiographiques.

Sur le plan du style, la nature de ce poème auto-analytique n’offre pas pratiquement au poète  beaucoup  de contextes pour fignoler des images hautement recherchées ou confectionner des  textures rythmiques finement élaborées, d’où la prédominance dans ce poème du discours à découvert dont l’objectif principal est d’informer le lecteur par le biais de la communication directe et non de le fasciner par des trouvailles linguistiques inédites.

 

Un commentaire

  1. Avatar

    Bonjour Elena,

    Je suis touché par votre poème. Si pour ma part, je préfère le mots ESPERANCE au mot Espoir, c’est parce que je trouve qu’elle nous donne plus d’amplitude et c’est grâce au genre féminin.
    Ceci dit, votre auto-analyse, comme définit Mohamed, me touche, parce que dans vos mots je me retrouve presqu’entièrement.
    Vos combats, vos guerres, vos batailles (même si elles ne sont pas décrites – cette description relevant de l’intime) peuvent être : mes combats – mes guerres – mes batailles. Mais également de tous les êtres HUMAINS sans exception et ce sur toute la surface de la planète.

    C’est cette universalité, que permet la poésie, les poètes et poétesses,.
    Merci à vous Elena et encore ne fois merci à Mohamed, de son commentaire et de son ardeur à nous faire connaître tous les conteurs et poètes du monde.
    Vive la Vie.

    Rémy Ducassé à Bastia – Corse – France.

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