LA SOMBRE MENACE DES PAS par :PASCAL PERROT• – POETE FRANÇAIS

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Il y a dans certains pas

Des voracités d’écho

Le temps, vaincu, s’y distend

 

Volutes de nuit durcies

Fumée des rires d’angoisse

Des enfances abolies

 

Pas comme une main dans l’ombre

Dont les doigts empaument un cœur ;

Lorsque ces pas font silence

 

Tout soudain en nous respire

Comme une première fois.

Pourtant, les pas reviendront

 

Tout chemin qu’ils ont marché

Est bon à être arpenté

De nouveau. Le souffle court

 

Je guette les distorsions

Du silence, infimes failles

Où ils sinueront bientôt

 

Mais rien, le pandemonium

Ordinaire de la vie

Jusqu’à quand ? Nul ne le sait

 

 Commentaire de Mohamed Salah Ben Amor :

 

L’auteur de ce poème nous  livre un ensemble d’impressions sur un acte de locomotion ordinaire : le pas qui, s’il n’attire normalement pas l’homme commun sauf lorsqu’il ne s’accomplit pas selon la norme pour une cause pathologique ou fantaisiste, l’artiste ou le philosophe peut y déceler des significations symboliques comme tous les actes, les événements, les êtres et les choses dans ce monde.

A première vue, cet acte est présenté ici comme une source d’angoisse  et sa description que l’on voit élective,  du fait que le poète n’y relève que les éléments qui lui semblent pertinents et suggestifs, s’est focalisée, tout au long du texte, sur deux de ses aspects : l’auditif et le visuel, lesquels  s’égalent de part leur effet affreux et nuisible sur l’être humain sensible , ce qui a donné, dès le titre, un tableau des plus désolants et des plus effroyables  (voracités d’écho – Volutes nuit durcies – rires d’angoisse – enfances abolies…etc….) et que l’auteur a résumé dans la dernière strophe par le mot  « pandemonium »( Lieu où règne une agitation infernale).

Cette description se place, en réalité, dans une perspective phénoménologique et existentielle, du fait que l’action de marcher donne à l’individu qui l’accomplit l’illusion qu’il avance de sa propre volonté, tandis   que, d’un côté, il ne fait que suivre le traçage du chemin qu’il emprunte  et, de l’autre, ses pas s’effectuent nécessairement dans un intervalle de temps bien déterminé. Et ce lien temporel est plus angoissant parce que quels que soient les buts heureux que l’homme peut atteindre  le but final sera  inéluctablement la mort.

Un poème philosophique sur un thème inédit et dont le style s’est fondé sur l’accumulation des écarts et des sens seconds .

 

 

2 commentaires

  1. Avatar

    Rolande Bergeron On y sent les pas d’une armée marchant au pas de l’oie et le pas inquiet du marcheur isolé quand ces pas se taisent car il sait qu’ils reviendront… Les 20e et 21e siècle débutants ont imprégné les cœurs de cette peur… Merci à Pascal Perrot et à vous, Mohamed Salah Ben Amor. Et bonne année 2016 à vous deux !

  2. Avatar
    Mohamed Salah Ben Amor

    Safia Kahina merci pour ce plus , je ne connaissais pas le mot pandémonium, oila que c est la capitale de l enfer !

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