{"id":10867,"date":"2020-06-11T21:59:51","date_gmt":"2020-06-11T20:59:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.masharif.com\/fr\/?p=10867"},"modified":"2020-06-11T22:02:01","modified_gmt":"2020-06-11T21:02:01","slug":"approche-de-poesie-poete-tunisien-midani-ben-salah-krystyna-skarzynska-bochenska-1980-traduit-polonais-monika-del-rio","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.masharif.com\/fr\/2020\/06\/11\/approche-de-poesie-poete-tunisien-midani-ben-salah-krystyna-skarzynska-bochenska-1980-traduit-polonais-monika-del-rio\/","title":{"rendered":"Approche de la po\u00e9sie du po\u00e8te tunisien Midani Ben Salah par :Krystyna Skarzynska-Bochenska; 1980  Varsovie -Pologne &#8212; Traduit du polonais par: Monika Del Rio"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_10868\" style=\"width: 224px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/www.masharif.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/MIDANI-ben-salah-_22_07_2006_11_34_53_.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-10868\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-10868 size-medium\" src=\"http:\/\/www.masharif.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/MIDANI-ben-salah-_22_07_2006_11_34_53_-214x300.jpg\" alt=\"\" width=\"214\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.masharif.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/MIDANI-ben-salah-_22_07_2006_11_34_53_-214x300.jpg 214w, http:\/\/www.masharif.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/MIDANI-ben-salah-_22_07_2006_11_34_53_.jpg 270w\" sizes=\"(max-width: 214px) 100vw, 214px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-10868\" class=\"wp-caption-text\">Midani Ben Salah<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_10869\" style=\"width: 220px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/www.masharif.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/175411-352x500.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-10869\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-10869 size-medium\" src=\"http:\/\/www.masharif.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/175411-352x500-210x300.jpg\" alt=\"\" width=\"210\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.masharif.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/175411-352x500-210x300.jpg 210w, http:\/\/www.masharif.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/175411-352x500.jpg 350w\" sizes=\"(max-width: 210px) 100vw, 210px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-10869\" class=\"wp-caption-text\">Krystyna Skarzynska-Bochenska<\/p><\/div>\n<div id=\"attachment_10870\" style=\"width: 179px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/www.masharif.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/18835385_10213386541487622_1870277536_n.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-10870\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-10870 size-medium\" src=\"http:\/\/www.masharif.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/18835385_10213386541487622_1870277536_n-169x300.jpg\" alt=\"\" width=\"169\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/www.masharif.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/18835385_10213386541487622_1870277536_n-169x300.jpg 169w, http:\/\/www.masharif.com\/fr\/wp-content\/uploads\/2020\/06\/18835385_10213386541487622_1870277536_n.jpg 540w\" sizes=\"(max-width: 169px) 100vw, 169px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-10870\" class=\"wp-caption-text\">Monika Del Rio<\/p><\/div>\n<p>Al-Midani ibn Salih est n\u00e9 en 1929. Il est originaire de l\u2019oasis de Nafta, une r\u00e9gion d\u2019oasis du sud &#8211; Garidu.<\/p>\n<p>Nafta, capitale religieuse de Garidu, poss\u00e8de le tombeau du marabout Sidi Abu Ali. Sa richesse provient des 400 mille palmiers-dattiers irrigu\u00e9s par 150 sources. Comme al-Quairawan, Nafta a une atmosph\u00e8re sp\u00e9cifique, li\u00e9e aux traditions nomades des b\u00e9douins Banu Hilal et Banu Sulaym. D\u2019ici, de as-Sabbiya (une petite oasis proche de Tozeur) est issu l\u2019\u00e9minent po\u00e8te tunisien Abu al-Oasim as-Sabbi (1909-1934).<\/p>\n<p>Beaucoup de po\u00e8tes viennent de Nafta. Parmi l\u2019ancienne g\u00e9n\u00e9ration, on conna\u00eet le po\u00e8te Mustafa\u00a0 Hrayyif (1909-1967) et son fr\u00e8re, l\u2019\u00e9crivain Bashir Hrayyif (n\u00e9 en 1917), le romancier \u00ab\u00a0Ad-Duqla fi araginiha (Houppes de dattes, Tunis 1969), un magnifique panorama de la vie des gens dans les oasis Garidu. Les po\u00e8tes de la g\u00e9n\u00e9ration moyenne, contemporains de al-Midani, sont Munawwar Sumadih (n\u00e9 en 1931) et Muhyi ad-Din Hrayyif (n\u00e9 en 1932). Al-Midani m\u2019a sembl\u00e9 quand m\u00eame le plus int\u00e9ressant \u00e0 cause de son grand attachement aux traditions b\u00e9douines et aussi pour sa chaleureuse liaison avec l\u2019id\u00e9e de socialisme arabe.<\/p>\n<p>Al-Midani ibn Salih est issu du milieu le plus modeste de l\u2019oasis \u2013 les exploitants travaillant la terre et irriguant les palmiers pour la cinqui\u00e8me part de la r\u00e9colte (hammasuna). Dans son oasis natale, il poursuit ses \u00e9tudes \u00e0 l\u2019\u00e9cole coranique et \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire. Puis il se rend \u00e0 Tunis pour continuer ses \u00e9tudes \u00e0 la mosqu\u00e9e az-Zaytuna. Ces ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 l\u2019oasis exercent une influence d\u00e9cisive sur sa cr\u00e9ation po\u00e9tique et le d\u00e9veloppement de sa personnalit\u00e9. C\u2019est un po\u00e8te \u00ab\u00a0hammas\u00a0\u00bb, enracin\u00e9 enti\u00e8rement dans la terre de son oasis natale, s\u2019identifiant avec les plus pauvres, po\u00e8te dont le symbole deviendra \u00ab\u00a0un palmier\u00a0arabe,\u00a0fier et \u00e9lev\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p>Au cours de ses \u00e9tudes \u00e0 la mosqu\u00e9e az-Zaytuna (jusqu\u2019\u00e0 1952), al-Midani participe activement aux manifestations d\u2019\u00e9tudiants qui demandent la r\u00e9forme de l\u2019enseignement et l\u2019arabisation de tout l\u2019appareil administratif. Cette attitude sera la cause principale du refus des autorit\u00e9s de lui permettre l\u2019acc\u00e8s aux \u00e9tudes sup\u00e9rieures. Cependant, les \u00e9tudiants dont les \u00e9tudes \u00e0 az-Zaytuna avaient \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9es de succ\u00e8s trouvaient un chemin ouvert pour enseigner, en province, dans les \u00e9coles primaires. Al-Midani ibn Salih a ainsi enseign\u00e9 durant trois ans \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Mazila (les mines de phosphates) au sud, o\u00f9 il a c\u00f4toy\u00e9 la vie difficile des mineurs et des ouvriers.<\/p>\n<p>Apres la d\u00e9claration de l\u2019ind\u00e9pendance par la Tunisie (1956), il obtient une possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9tudes en Iraq. Il suit ainsi les cours du d\u00e9partement d\u2019Histoire \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Bagdad. Son s\u00e9jour dans la capitale iraquienne lui a donn\u00e9 l\u2019occasion de conna\u00eetre les nouveaux courants de la po\u00e9sie arabe dont les pr\u00e9curseurs ont \u00e9t\u00e9 les po\u00e8tes iraquiens illustres Badr Shakir Sayyab (1926-1965), Abd al-Wahhab al Bayyati (n\u00e9 en 1926) et la po\u00e9tesse Nazik al Mala\u2019ika (n\u00e9e en 1923). C\u2019est, probablement, au cours de ce s\u00e9jour, que se forgera son id\u00e9ologie socialiste qui s\u2019\u00e9panouira avec force dans sa po\u00e9sie. Dans des ann\u00e9es 1969-1970, il \u00e9tudie \u00e0 Paris, \u00e0 la Sorbonne, vivant de ses articles \u00e9crits pour le quotidien \u00ab\u00a0Le Monde\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il a \u00e9dit\u00e9 ses po\u00e9sies dans des recueils\u00a0: \u00ab\u00a0Qurt ummi\u00a0\u00bb (La boucle d\u2019oreille de ma m\u00e8re), publi\u00e9 en 1969, \u00ab\u00a0Al-layl wa at-tariq\u00a0\u00bb(La nuit et le chemin) 1972, \u00ab\u00a0Min mudakkarat hammas\u00a0\u00bb 1977. En 1974, il publie un drame po\u00e9tique consacr\u00e9 \u00e0 la lutte des Palestiniens \u00ab\u00a0Zalzal fi Til Abib\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h4>Coutumes et pratiques de cultes li\u00e9e avec la tradition<\/h4>\n<p>Dans les \u0153uvres de son premier divan, \u00ab\u00a0Qurt ummi\u00a0\u00bb (La boucle d\u2019oreille de ma m\u00e8re), outre une description caract\u00e9ristique de la nature dans ces r\u00e9gions de grandes oasis et les images de la lutte d\u2019une population mis\u00e9reuse pour une existence difficile, on remarquera les descriptions des coutumes li\u00e9es avec une certaine forme de religion populaire qui n\u2019a pas beaucoup de lien avec l\u2019islam officiel.<\/p>\n<p>Dans le po\u00e8me \u00ab\u00a0Ana himari wa al-qamar\u00a0\u00bb(Moi, mon \u00e2ne et la lune), les parents, disant adieu \u00e0 leur fils qui part pour Tunis, l\u00e8vent leur mains vers le ciel en demandant \u00e0 Allah de \u00a0le prot\u00e8ger. Ils d\u00e9taillent leurs m\u00e9rites envers dieu, leur respect de la loi islamique (charria) et les pratiques quotidiennes de leur foi religieuse\u00a0: les visites des tombeaux des \u00ab\u00a0saints\u00a0\u00bb (awliya), les offrandes de cierges ou d\u2019encens, les sacrifices de moutons et de volailles, avec le sang desquels on fait une onction des pierres tombales. Le \u00ab\u00a0sayh\u00a0\u00bb de la congr\u00e9gation des derviches leur pr\u00e9dit la naissance d\u2019un fils.<\/p>\n<p>Le po\u00e8te qui part ne va jamais rompre cette liaison forte avec son oasis natale et les valeurs familiales, mais il rej\u00e8te les pratiques traditionnelles. On en trouve une illustration dans les strophes de son po\u00e8me\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Moi je me r\u00e9volte contre mon triste pass\u00e9,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Contre les contes du pass\u00e9 dignes de m\u00e9pris<\/strong><\/p>\n<p><strong>La pauvret\u00e9 maudite\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans mon \u00e2me grandit un d\u00e9fi,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il parcourt l\u2019espace, il gagne les \u00e9poques\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>J\u2019irai sur le chemin des braves<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sur les champs de bataille\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Le po\u00e8te d\u00e9peint les pratiques religieuses et les traditions des derviches demeurant \u00e0 Tunis dans une longue qasida dans laquelle il exprime ses r\u00e9flexions et ses doutes sur le sens de la vie des derviches qui sont compl\u00e8tement s\u00e9par\u00e9s des probl\u00e8mes des gens et du monde. Pendant ses cinq ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes \u00e0 az-Zaytun, al-Midani, selon la coutume des \u00e9l\u00e8ves pauvres dormait dans la grotte de la congr\u00e9gation des derviches qui poursuivaient le rite du mystique Abu al-Hasan as-Shadli. L\u2019ambiance de cette grotte, la fantaisie et les r\u00e9flexions du po\u00e8te dont le ton tr\u00e8s contemporain reste li\u00e9 \u00e0 la terre, \u00e0 la vie et au travail, se fondent dans un vers de forme moderne\u00a0 (le vers libre) qui pr\u00e9sente une originale symbiose de la tradition et des valeurs modernes.<\/p>\n<p>Ainsi, peut-on estimer l\u2019\u0153uvre \u00ab\u00a0Fi al-kahf as Shadli\u00a0\u00bb(Dans la grotte de as-Shadli, 1965) d\u2019al-Midani comme moderne dans sa forme et dans son contenu. C\u2019est un long po\u00e8me, compos\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e9ments de r\u00e9flexions qui se compl\u00e8tent mutuellement. Composition spirale &#8211; bas\u00e9e en apparence sur la m\u00eame vision, le cercle dansant des derviches &#8211; chaque strophe gagne des \u00e9l\u00e9ments nouveaux et enrichissants et dans chaque strophe le ton des sentiments change. Dans son ensemble le po\u00e8me constitue une image &#8211; m\u00e9taphore condens\u00e9e, bas\u00e9e sur le profond sentiment artistique du po\u00e8te.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re strophe fait office de prologue\u00a0; premier image \u2013 les pri\u00e8res, l\u2019\u00e9tourdissement, l\u2019humilit\u00e9\u2026<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me \u2013 la plus importante pour l\u2019intention de po\u00e8te &#8211; est le rejet de la tradition engourdie par les rites des derviches, les fausses routes d\u2019un tarika mystique, qui est le refuge des faibles, incapables d\u2019agir.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me strophe pr\u00e9sente le rapport personnel du po\u00e8te avec la grotte-refuge, froide, vide, sombre, le refuge d\u2019un mis\u00e9rable. Al-Midani introduit ici la l\u00e9gende coranique des sept dormeurs et du chien\u00a0. Avec une ironie profonde il place le chien au premier rang, en s\u2019identifiant peut-\u00eatre avec cet animal m\u00e9pris\u00e9 \u00e0 cause de sa situation personnelle mis\u00e9rable. Mais dans cette strophe apparaissent \u00e9galement les valeurs traditionnelles de l\u2019honneur arabe\u00a0: pers\u00e9v\u00e9rance, courage dans des situations difficiles \u2013 \u00ab\u00a0je cachais ma mis\u00e8re, en prenant mon obstination sous le bras, je consolais la solitude, en ayant faim je ne perdais pas la raison\u00a0\u00bb. L\u2019expression \u00ab\u00a0prendre mon obstination sous le bras\u00a0\u00bb (ta abbatu inadi) est un rafra\u00eechissement artistique du surnom d\u2019un fameux po\u00e8te-brigand de la p\u00e9riode al-gahiliyya (Ta abbata Sarran) \u2013 celui qui prenait le mal sous le bras (VI s.), c\u2019\u00e9tait un brigand qui attaquait les riches et donnait le butin aux pauvres. De cette fa\u00e7on, pour un lecteur qui ne conna\u00eet pas la tradition arabe, cette expression en apparence sans importance \u00ab\u00a0avec mon obstination sous le bras\u00a0\u00bb ouvre pour un initi\u00e9 un horizon intellectuel plus profond, qui trouve ses sources dans l\u2019ancienne l\u00e9gende indig\u00e8ne.<\/p>\n<p>La quatri\u00e8me et derni\u00e8re strophe commence par un d\u00e9veloppement complet d\u2019images de la vie des derviches. Le po\u00e8te approfondit ici ses r\u00e9flexions, il ne rejette plus sans \u00e9gards toute la tradition des derviches, il r\u00e9fl\u00e9chit sur le myst\u00e8re d\u2019un saint mystique qui a rompu avec la vie, au milieu des doutes, des illusions et du d\u00e9sespoir. Il \u00ab\u00a0languit la v\u00e9rit\u00e9 du myst\u00e8re de l\u2019existence\u00a0\u00bb. La pens\u00e9e du po\u00e8te si nette dans la deuxi\u00e8me strophe, devient ici embrum\u00e9e et embrouill\u00e9e. Le lecteur perd sa certitude, la logique de la raison est mise en doute. Le po\u00e8me de al-Midani devient ainsi moins clair, mais ce n\u2019est pas une \u0153uvre sombre. On pourrait le classer parmi les lyriques modernes d\u2019un type \u00e9volutif. Il d\u00e9passe la po\u00e9sie de type traditionnel d\u2019apr\u00e8s sa forme et son contenu.<\/p>\n<p>Il faudrait signaler aussi l\u2019originalit\u00e9 du sujet de cette \u0153uvre bas\u00e9e sur le v\u00e9cu authentique du po\u00e8te. Sur le plan des valeurs, al-Midani pr\u00e9sente une int\u00e9ressante exp\u00e9rience pour se lib\u00e9rer de la tradition, comme celle des rites des groupes de derviches. C\u2019est une avanc\u00e9e r\u00e9volutionnaire, m\u00eame si le po\u00e8te ne l\u2019accomplit pas d\u2019une mani\u00e8re affirm\u00e9e. Cependant, selon la th\u00e8se de K. Popper\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne nous lib\u00e9rons du tabou que \u00a0lorsqu\u2019y on pense \u00a0et s\u2019il le faut le conserver ou le rejeter\u2026\u00a0\u00bb. Dans le cas d\u2019 al-Midani, c\u2019est d\u2019autant int\u00e9ressant car ces rites sont en accord avec les coutumes d\u2019un groupe social auquel il appartenait. Ce renoncement aux croyances locales du peuple n\u2019a rien \u00e0 voir avec le rapport du po\u00e8te avec l\u2019essence de la religion islamique.<\/p>\n<h4>La conscience musulmane<\/h4>\n<p>Comme dans les \u0153uvres po\u00e9tiques de son a\u00een\u00e9 al-Lagmani, celles de al-Midani m\u00ealent la conscience musulmane avec la conscience arabe, et la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance avec \u00ab\u00a0la guerre sainte\u00a0\u00bb. Seuls deux po\u00e8mes traitent de ce sujet \u00ab\u00a0Butula sa b\u00a0\u00bb ( L\u2019h\u00e9ro\u00efsme du peuple,1966) et \u00ab\u00a0As \u2013 Sauma\u00a0\u00bb(Minaret). Chaque strophe de vers du po\u00e8me \u00ab\u00a0Butula sa b\u00a0\u00bb est suivie par un refrain caract\u00e9ristique\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Que se r\u00e9jouisse de la vie et de l\u2019\u00e9ternit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>Notre peuple \u2013 le vainqueur de fer,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le sourire rayonnant du Coran Glorifi\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dubaba\u00a0\u00bb (La mouche, 1973), est une \u0153uvre satirique. Le po\u00e8te se moque de filles fascin\u00e9es par la langue fran\u00e7aises et par la culture occidentale. Il d\u00e9die ces vers \u00e0 une demoiselle, qui, \u00e0 sa salutation en arabe, lui a r\u00e9pondu en fran\u00e7ais et continuait la conversation dans la m\u00eame langue. Quand elle a appris qu\u2019il ne connaissait pas le fran\u00e7ais elle l\u2019a trait\u00e9 avec m\u00e9pris d\u2019\u00ab\u00a0indig\u00e8ne, Arabe et paysan inculte\u00bb. Le po\u00e8te a soulev\u00e9 le d\u00e9fi. Il n\u2019a pas honte de ses origine arabes, d\u00e9crivant l\u2019Europ\u00e9en qui a v\u00e9cu \u00e0 moiti\u00e9 nu, ressemblant plut\u00f4t a un animal pendant que \u00ab\u00a0Moi, Arabe , j\u2019\u00e9tais un homme heureux, intelligent, et m\u00eame g\u00e9nial\u00a0\u00bb. Il ne se r\u00e9f\u00e8re pas \u00e0 l\u2019histoire arabo-musulmane, mais aux cultures de l\u2019Ancien Orient \u2013 les centres pr\u00e9-arabes de Ma an au Y\u00e9men, de Quatabanu sur la p\u00e9ninsule Arabe, de Babylone et de Carthage. La filiation de ces deux derni\u00e8res cultures appara\u00eet \u00e9vidente, le po\u00e8te remonte jusqu\u2019\u00e0 Carthage qui fait partie de l\u2019histoire de la Tunisie et \u00e0 Babylone pour celle de l\u2019Iraq o\u00f9 il a \u00e9tudi\u00e9. Il lie les r\u00e9alisations de ces anciennes civilisations un peu rapidement avec la culture arabo-musulmane, qui issue du d\u00e9sert a engendr\u00e9 le \u00ab\u00a0rayonnement du Proph\u00e8te \u00bb et la civilisation. Ce vers est en m\u00eame temps une preuve du rapport du po\u00e8te avec la culture europ\u00e9enne, ou plut\u00f4t am\u00e9ricaine, qu\u2019il critique tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8rement, en montrant toutes ses faiblesses. Je cite un fragment de \u00ab\u00a0Dubaba\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Tu bredouilles des mots \u00e9trangers,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Tu dis\u00a0: inculte<\/strong><\/p>\n<p><strong>Arabe, paysan, \u00ab\u00a0indig\u00e8ne\u00a0\u00bb\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c9trange ! Que le soleil se l\u00e8ve donc<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sur l\u2019Occident lointain<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et que l\u2019Orient v\u00e9ritable soit consid\u00e9r\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>Comme la terre appartenant \u00e0 l\u2019Occident<\/strong><\/p>\n<p><strong>Aux cow-boys\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Aux d\u00e9fenseur de l\u2019humanit\u00e9\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Conqu\u00e9rants de la lune<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et les marchands des guerres\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00c9trange ! Que le soleil se l\u00e8ve donc<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sur l\u2019Occident lointain,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sur le monde que l\u2019on dit nouveau,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Bien qu\u2019il n\u2019y ait rien de neuf l\u00e0-bas\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>A part les bruits de cha\u00eenes,<\/strong><\/p>\n<p><strong>De balles et de fer,<\/strong><\/p>\n<p><strong>A part les g\u00e9missements des esclaves<\/strong><\/p>\n<p>La suite de ce po\u00e8me d\u00e9crit les quartiers de noirs, les quartiers de la mis\u00e8re, entour\u00e9s par de magnifiques h\u00f4pitaux, des usines, des fonderies, des statues de la justice et de la libert\u00e9; et des filles sans morale qu\u2019il appelle les filles du rock and roll et des prostitu\u00e9es qui font la chasse aux hommes. A la fin, le po\u00e8te montre la fille arabe tunisienne fascin\u00e9e par le mirage de l\u2019Ouest, c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te avec ces femmes, et la d\u00e9crit comme une \u00ab\u00a0mouche volant \u00e0 l\u2019aveuglette parmi les poubelles et d\u00e9chets\u00a0\u00bb et aussi comme le \u00ab\u00a0symbole du m\u00e9pris\u00a0\u00bb. Dans ce fragment on peut observer une attitude sans compromis vis-\u00e0-vis de la moralit\u00e9 des femmes, caract\u00e9ristique du milieu campagnard d\u2019o\u00f9 vient al-Midani.<\/p>\n<p>Dans la pr\u00e9face de son po\u00e8me \u00ab\u00a0Al-guarad wa al-ard\u00a0\u00bb Al-Midani relie l\u2019antiquit\u00e9 (Babylone, la l\u00e9gendaire Iram, cit\u00e9e dans le Coran) avec l\u2019histoire de la Tunisie contemporaine, \u00ab\u00a0la terre de la Bizerte ch\u00e9rie\u00a0\u00bb. Il d\u00e9montre les valeurs universelles, qu\u2019il observe dans son peuple \u2013 la justice, l\u2019amour fraternel et la poursuite de la paix.<\/p>\n<p>Les sentiments de ses liens et de son amiti\u00e9 avec la communaut\u00e9 arabe et la culture contemporaine arabe transperce dans les vers \u00ab\u00a0Risala ta ziya ila Bagdad\u00a0\u00bb (La lettre de condol\u00e9ances pour Bagdad), d\u00e9dicac\u00e9s \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019esprit d\u2019un po\u00e8te mort Badra Sakir as-Sayyaba\u00a0\u00bb. Ces vers parle ainsi de lui\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Dans ses yeux il y avait la lumi\u00e8re \u00e9ternelle<\/strong><\/p>\n<p><strong>g\u00e9niale, arabe.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il remplissait les d\u00e9serts de ses hymnes. Il chantait pour les r\u00e9fugi\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il \u00e9claircissait les chemins de la nuit<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour ses camarades qui se battaient.<\/strong><\/p>\n<p>La preuve de son sentiment d\u2019unit\u00e9 avec les autres nations arabes transpara\u00eet son rapport avec le probl\u00e8me de la Palestine. Al-Midani aborde ce sujet avec une passion propre \u00e0 lui-m\u00eame et sans compromis dans une \u0153uvre \u00ab\u00a0I tidar\u00a0\u00bb, r\u00e9cit\u00e9e pendant un congr\u00e8s po\u00e9tique \u00e0 Tunis en 1973.<\/p>\n<p>Le titre de ce po\u00e8me est li\u00e9 \u00e0 la po\u00e9sie arabe classique, dans laquelle la classification d\u00e9pend du but du po\u00e8me. C\u2019\u00e9tait \u00ab\u00a0si r al\u00a0i tidar\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0al-mu ta-dariyyat\u00a0\u00bb, c\u2019est \u00e0 dire la po\u00e9sie suppliante ou les po\u00e8mes qui supplient le pardon.. Les \u0153uvres de ce genre \u00e9taient \u00e9crites pas des po\u00e8tes qui avaient perdu les faveurs de leur souverain ou de leur m\u00e9c\u00e8ne, ou qui, injustement accus\u00e9s, essayaient de d\u00e9montrer leur innocence en demandant pardon. Al-Midani modernise cette ancienne forme en changeant le destinataire de la supplication qui devient le peuple palestinien\u00a0:<\/p>\n<p><strong>On se r\u00e9uni\u00a0ici, pendant que la terre et la mosqu\u00e9e sont dans les mains du d\u00e9mon<\/strong><\/p>\n<p><strong>On d\u00e9lib\u00e8re, pendant que le souverain est vaincu, \u00e9tourdi, renvoy\u00e9,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et celui qui se r\u00e9voltait \u2013 refoul\u00e9, emprisonn\u00e9, exil\u00e9\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>Est-ce que c\u2019est digne dans une journ\u00e9e pareille de nous rencontrer, de dire de la po\u00e9sie et d\u2019applaudir\u00a0<\/strong>?<\/p>\n<p>Dans la suite le po\u00e8te oppose la situation des po\u00e8tes, des \u00e9rudits qui savourent la beaut\u00e9 de la litt\u00e9rature, des gens qui ont une terre, des oliviers, une famille et celle des Palestiniens, exil\u00e9s de leur patrie, qui demeurent dans des camps de r\u00e9fugi\u00e9s ou dans des prisons. L\u2019\u0153uvre n\u2019est pas dans son int\u00e9gralit\u00e9 un po\u00e8me suppliant, de nombreuses parties sont \u00e9crites comme une satyre d\u2019un caract\u00e8re traditionnel, bien qu\u2019elle ait pour cible l\u2019ennemi moderne \u2013 Isra\u00ebl. Le po\u00e8te se base sur les satyres classiques et n\u2019\u00e9pargne pas aux ennemis les \u00e9pith\u00e8tes offensants, il lance aussi des impr\u00e9cations issues directement du Coran\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Ils sont dispers\u00e9s par une vague de haine<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et le d\u00e9sir des souverains de l\u2019argent, des usuriers.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Que les mains tombent de ceux qui attribuent le mensonge aux Arabes\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Que les mains tombent de celui qui a vendu le peuple et trahi les Arabes\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Que les mains tombent de ceux qui ont fauss\u00e9 perfidement l\u2019Evangile,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qui ont publiquement d\u00e9chir\u00e9 le Coran\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>Toutes les cloches se taisent sur leur perversit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ils ont \u00e9teint les bougies dans le lieu du massacre le jour de la naissance de J\u00e9sus<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ils ont br\u00fbl\u00e9 la mosqu\u00e9e al Aksa \u00e0 J\u00e9rusalem<\/strong><\/p>\n<p><strong>Souvenir de la nuit d\u2019un Voyage Miraculeux \u2013 le c\u0153ur d\u2019arabes sur terre,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et Josu\u00e9 souffle dans les trompettes de la trahison et de la haine.<\/strong><\/p>\n<p>Dans la suite de l\u2019\u0153uvre al-Midani se penche sur les probl\u00e8mes de sinc\u00e9rit\u00e9 et de l\u2019engagement de la po\u00e9sie et des po\u00e8tes. Malgr\u00e9 sa versification libre, ce po\u00e8me rappelle par sa composition les qasidas traditionnels. Le po\u00e8te aborde ici plusieurs probl\u00e8mes en passant librement de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, en abandonnant la pr\u00e9sentation exig\u00e9e dans la po\u00e9sie arabe moderne o\u00f9 il faut petit \u00e0 petit montrer les diff\u00e9rents aspects de la m\u00eame pens\u00e9e.<\/p>\n<p>Le m\u00e9thode de l\u2019illustration est li\u00e9e avec la tradition coranique. Les impr\u00e9cations commencent par les mots \u00ab\u00a0que les mains tombent\u2026\u00a0\u00bb (tabbat al-aydi, i tabbat yad) qui sont tir\u00e9s des impr\u00e9cations jet\u00e9es sur Abu Lahab, oncle infid\u00e8le du proph\u00e8te Mohammed et ennemi jur\u00e9 des premiers musulmans, dans la Sura du Feu \u2013 \u00ab\u00a0tabbat yada Abi lahab\u00a0 &#8211; que les de mains de Abu Lahab tombent\u00a0\u00bb. Le po\u00e8te fait une liaison avec les lieus de culte des chr\u00e9tiens et les mosqu\u00e9e des musulmans d\u00e9truites par les Juifs.<\/p>\n<h4>La conscience de classe<\/h4>\n<p>Je consid\u00e8re sa liaison profonde avec la classe la plus pauvre, celle des fellahs tunisiens et des ouvriers comme un trait dominant de toute la cr\u00e9ation d\u2019al-Midani ibn Salih. Le po\u00e8te n\u2019a pas honte de ses origines, il en est fier, comme il est fier de sa r\u00e9volte contre l\u2019injustice des classes. Son engagement sinc\u00e8re transperce \u00e0 travers la plupart de ses po\u00e8mes, ainsi que le fait qu\u2019il consid\u00e8re comme une valeur supr\u00eame le travail du paysan et de l\u2019ouvrier.<\/p>\n<p>J\u2019ai choisi \u00ab\u00a0Intisar\u00a0\u00bb ( Victoire, 1965)\u00a0, un des po\u00e8mes les plus typiques du recueil \u00ab\u00a0Qurt ummi\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Alors que j\u2019avais faim et que j\u2019\u00e9tais le fils d\u2019un affam\u00e9,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Alors que j\u2019\u00e9tais \u00e9lev\u00e9 dans un berceau de malheurs<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et que j\u2019ai v\u00e9cu ma jeunesse dans la peine<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sur les chemins de la vie, perdu<\/strong><\/p>\n<p><strong>Je me suis r\u00e9volt\u00e9 contre les liens<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans le jour, quand j\u2019ai arrach\u00e9 le tissu de mon existence (wugud)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour que la paix regagne la terre de mes anc\u00eatres<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour que la vie (hayat) revienne ver les prol\u00e9taires (kadihuna)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Moi et le peuple (gamahir) hier on \u00e9tait fatigu\u00e9 (nakdah)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nus, affam\u00e9s, an\u00e9antis on a donn\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>Notre moisson \u00e0 un \u00e9tranger, qui se r\u00e9jouissait<\/strong><\/p>\n<p><strong>De ma tranche \u2013 dernier morceau d\u2019affam\u00e9s.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Voil\u00e0 la faim qui a r\u00e9veill\u00e9 mon instinct<\/strong><\/p>\n<p><strong>J\u2019ai demand\u00e9 le sens de l\u2019existence et de l\u2019\u00e2me<\/strong><\/p>\n<p><strong>Je me suis r\u00e9volt\u00e9 contre les liens et les anc\u00eatres, contre les coups des agresseurs et des criminels.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Nous tous (gumu una) nous avons combattu lors de la journ\u00e9e de la r\u00e9volte<\/strong><\/p>\n<p><strong>Avec le don de notre sang, et nous avons gagn\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>En chassant l\u2019intrus (dahil), en d\u00e9roulant<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le drapeau de l\u2019amour serrant dans ses bras les mondes.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019il sois b\u00e9ni le peuple par la R\u00e9volution et l\u2019Eternit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>S\u2019\u00e9levant, patient (sabur), t\u00eatu (anid),<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le peuple qui construit la puissance (izz) de son pays<\/strong><\/p>\n<p><strong>Avec le travail des jeunes et des pers\u00e9v\u00e9rants (samiduna).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Je vais te d\u00e9crire ma bande de camarades (gumu ar-rifaq)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Je vais chanter ma libert\u00e9 et ma d\u00e9livrance (intilaq)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Je vais \u00e9clairer les chemins jusqu\u2019\u00e0 ce que je sois consum\u00e9<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour le peuple dans mon ivresse et ma tendresse.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e de la lutte de classes est li\u00e9e dans cette \u0153uvre avec l\u2019id\u00e9e du combat ind\u00e9pendantiste, de la lutte men\u00e9e par le peuple. Dans ce po\u00e8me, le vocabulaire caract\u00e9ristique de al-Midani, est un vocabulaire typique de la \u00ab\u00a0propagande politique\u00a0\u00bb, simple et compr\u00e9hensible par tous\u00a0: prol\u00e9taires, ouvriers, camarades, le peuple entier (gamahir), nous tous (gumu una), Fellahs, r\u00e9volution (taura). L\u2019occupant fran\u00e7ais est d\u00e9crit avec des symboles tr\u00e8s clairs\u00a0: \u00e9tranger, agresseur, intrus (dahil), usurpateur, tyran. Dans m\u00eame temps, le po\u00e8te garde le vocabulaire typique des po\u00e8tes de l\u2019ancienne g\u00e9n\u00e9ration, vocabulaire li\u00e9e avec la tradition arabe et musulmane\u00a0: patient (sabur), inflexible (samid), puissance (izz), \u00e9ternit\u00e9 (hulud). Le mot \u00ab\u00a0la vie\u00a0\u00bb (hayat) m\u00e9rite une attention sp\u00e9ciale \u2013 le po\u00e8te lui donne le sens d\u2019une vie cr\u00e9ative, active, la vie des gens heureux gr\u00e2ce \u00e0 leur travail, avec le fruit duquel ils comblent les autres. L\u2019\u0153uvre est comme un hymne \u00e0 la joie du po\u00e8te dans un pays lib\u00e9r\u00e9. Il se produit ici aussi un accent mystique \u2013 des parole qui disent que le po\u00e8te \u00ab\u00a0flambe pour \u00e9claircir le chemin du peuple\u00a0\u00bb. Le motif du sacrifice de la vie du po\u00e8te pour le bien des autres nous rappelle les pens\u00e9es exprim\u00e9es par Ahmad al-Muhtar al-Wazir. Mais alors qu\u2019al-Wazir d\u00e9sire \u00ab\u00a0\u00e9teindre les flammes de la haine et prot\u00e9ger le sang de son fr\u00e8re par l\u2019amour\u00a0\u00bb &#8211; comprenant par fr\u00e8re chaque homme \u2013 al-Midani s\u2019identifie uniquement avec le peuple travailleur de Tunisie. Dans son d\u00e9vouement il atteint au mystique \u00ab\u00a0unit\u00e9 d\u2019existence\u00a0\u00bb comme dans les vers \u00ab\u00a0Hulud\u00a0\u00bb(Eternit\u00e9)\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Quand je serai mort, j\u2019arr\u00eaterai d\u2019exister en flamme<\/strong><\/p>\n<p><strong>Oh, camarades\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Savez, que br\u00fbler<\/strong><\/p>\n<p><strong>Est le commencement de la d\u00e9livrance<\/strong><\/p>\n<p><strong>De l\u2019\u00e9lan.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ensuite je deviendrai<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le sourire de l\u2019aube et le rayon du jour, la rose blanche dans les mains des enfants\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>Un nuage, qui arrose le d\u00e9sert,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qui remplit les maisons de pains et de fruits<\/strong><\/p>\n<p><strong>Je suis la voix pour le peuple, je chante les chansons<\/strong><\/p>\n<p><strong>De l\u2019amour, de la paix et de la conscience<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mon peuple est \u00e9ternel, au \u2013dessus de l\u2019extermination<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et moi qui viens de lui je suis la terre, l\u2019eau et lumi\u00e8re,<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019olivier, les palmes et la vigne\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Cet envol de l\u2019\u00e2me n\u2019a pas de caract\u00e8re religieux. Il ressemble plut\u00f4t \u00e0 l\u2019attitude d\u2019un communiste convaincu, compl\u00e8tement vou\u00e9 \u00e0 la cause du peuple. Cependant la m\u00eame pens\u00e9e avec la m\u00eame symbolique (pain, rose) a \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9 par Wladyslaw Broniewski dans son po\u00e8me \u00ab\u00a0La rose\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<p><strong>De nos veines ouvertes \u00e0 nouveau dans la terre<\/strong><\/p>\n<p><strong>que la s\u00e8ve de la vie coule \u2013<\/strong><\/p>\n<p><strong>on poussera en pain quotidien,<\/strong><\/p>\n<p><strong>on poussera en joie de l\u2019homme\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Que le vent nous arrache et nous casse<\/strong><\/p>\n<p><strong>Que nos os, comme les graines que l\u2019on s\u00e8me \u2013<\/strong><\/p>\n<p><strong>Cent fois nous pousserons au printemps,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ensanglant\u00e9, sans abri, solitaires,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Par la rose de c\u0153ur d\u2019Okrzeja.<\/strong><\/p>\n<p>Dans la plupart de ses po\u00e8mes al-Midani exprime son engagement pour la cause du peuple d\u2019une fa\u00e7on claire et d\u00e9cid\u00e9e. Il rej\u00e8te courageusement \u00ab\u00a0l\u2019art pour l\u2019art\u00a0\u00bb, le lyrisme de l\u2019amour et les th\u00e8ses philosophiques. Dans le po\u00e8me \u00ab\u00a0Si ri wa du al-fann\u00a0\u00bb (ma po\u00e9sie et agitateur de l\u2019art) il proclame la devise \u00ab\u00a0po\u00e9sie de la vie\u00a0\u00bb li\u00e9e avec les aspirations et les actions du peuple travailleur\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Ma po\u00e9sie est le souffle lourd de gens lass\u00e9s dans la route<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ma po\u00e9sie\u00a0 &#8211; c\u2019est le chant du peuple,<\/strong><\/p>\n<p><strong>De ceux qui se battent contre les vagues, sur la mer en col\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p><strong>De ceux qui gagnent contre les destins (aqdar)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qui attaquent les malheurs,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qui gravent les longues routes parmi les montagnes,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qui les construisent dans les d\u00e9sert et les steppes<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les gens puissants, les vainqueurs\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Son attitude inflexible de d\u00e9fenseur du droit du peuple travailleur, al-Midani ibn Salih l\u2019exprime dans le po\u00e8me \u00ab\u00a0Saut al-hayat\u00a0\u00bb (La voix de la vie). Dans le po\u00e8me \u00ab\u00a0Ugniyyat li walidi\u00a0\u00bb (La chanson pour mon p\u00e8re) on ne trouvera pas de sentiments familiaux, le p\u00e8re est pour le po\u00e8te le symbole de la g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente \u2013 travailleurs, opprim\u00e9s, supportant leur mis\u00e8re avec patience, malgr\u00e9 le d\u00e9sir de paix et de libert\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Tes mains sont tatou\u00e9es de veines (wussimat)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Tu te fatigues pour le bonheur de tous (gumu).<\/strong><\/p>\n<p>Dans cet extrait, on peut remarquer la renaissance d\u2019un tableau pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des plus anciens qasidas\u00a0: Tarafa ibn Abd\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Dans la vall\u00e9e de sable les traces de cendres sont sauv\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p><strong>Comme les restes de tatouage qui disparaissent de la main.<\/strong><\/p>\n<p>Al-Midani change le sens s\u00e9mantique de m\u00e9taphore \u2013 auparavant le tatouage servait pour la d\u00e9coration, en sens de valeur\u00a0: \u00ab\u00a0les veines des mains tatou\u00e9es de travail\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Liant ses id\u00e9es de lutte des classes et de lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance de la Tunisie, le po\u00e8te \u00e9crit une \u00e9l\u00e9gie en hommage de Farhat Hassad, cr\u00e9ateur et militant de l\u2019Association des M\u00e9tier et des Travailleurs de Tunisie (cr\u00e9e en 1946), qui sera ex\u00e9cut\u00e9 par le pouvoir fran\u00e7ais en 1952. Le po\u00e8me, d\u00e9di\u00e9 \u00ab\u00a0au d\u00e9funt h\u00e9ros Farhat Hassad\u00a0\u00bb porte le titre \u00ab\u00a0As-saut al-halid\u00a0\u00bb (La voix \u00e9ternel), fut \u00e9crit 12 ans apr\u00e8s la mort de Hassad. Sa forme et son contenu s\u2019\u00e9loigne du mod\u00e8le des \u00e9l\u00e9gies traditionnelles, dont les \u00e9l\u00e9ments ont persist\u00e9 sans changement chez les po\u00e8tes de l\u2019ancien g\u00e9n\u00e9ration. Il n\u2019y a pas ici d\u2019images exprimant le d\u00e9sespoir de toute la nature ou du pays, ni les regrets, ni les lamentations. Par ses premiers mots, le po\u00e8te montre directement une actualit\u00e9 qui fait \u00e9chos aux id\u00e9es proclam\u00e9es par Farhat\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Ta voix, ami du peuple, persiste chez les prol\u00e9taires.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Malgr\u00e9 les ann\u00e9es qui ont pass\u00e9 elle est toujours<\/strong><\/p>\n<p><strong>Une lueur de justice dans la nuit des mis\u00e9rables,<\/strong><\/p>\n<p><strong>La foi de g\u00e9n\u00e9rations de travailleurs,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le chant du fils de la vie.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il est le tonnerre et l\u2019ouragan pour les agents des tyrans.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ta voix persiste chez les ouvriers<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans les mines, dans les usines et dans les champs\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Dans la suite du po\u00e8me, il montre l\u2019engagement de Hassad pour l\u2019Angola et pour d\u2019autres pays d\u2019Afrique, \u00ab\u00a0o\u00f9 arrivait sa voix appelant au combat pour la justice, pour l\u2019ind\u00e9pendance et pour l\u2019amour mutuel.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019image de la voix du combattant ou du po\u00e8te, la voix qui ne se perd pas mais reste toujours vivante, se retrouve aussi \u00e0 la fin de l\u2019\u0153uvre consacr\u00e9e \u00e0 la m\u00e9moire de Badra Sakir as-Sayyab\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Est-il possible que la lune s\u2019\u00e9teigne\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>C\u2019\u00e9tait annonc\u00e9 hier par le messager de la mort.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il ne conna\u00eet ni l\u2019\u00e9ternit\u00e9, ni le myst\u00e8re de l\u2019existence,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ni les r\u00e9cits du ciel,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ni le message du Proph\u00e8te.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Oui, mon messager, ton cri de deuil est la v\u00e9rit\u00e9,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Mais la voix du po\u00e8te<\/strong><\/p>\n<p><strong>Restera \u00e9ternelle\u2026<\/strong><\/p>\n<p>La valeur de la parole, qui porte la v\u00e9rit\u00e9 et une id\u00e9e juste, peut poss\u00e9der chez al-Midani une double source. A la fois contemporaine, et faisant ainsi suite \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie socialiste (sans oublier l\u2019ancien horacien \u00ab\u00a0non omnis moriar\u00a0\u00bb), mais aussi de conviction ancestrale, pr\u00e9 islamique, la seule valeur qui reste apr\u00e8s l\u2019homme ce sont ses propres paroles, qui vont \u00eatre transmises pour consolider sa gloire ou sa d\u00e9faite. Il semble que dans ce cas l\u2019attitude traditionnelle concernant la valeur de la parole rejoint l\u2019attitude moderne.<\/p>\n<p>Al-Midani ibn Salih parle, dans la deuxi\u00e8me partie de son po\u00e8me \u00ab\u00a0I tidar\u00a0\u00bb (Supplication\u00a0) &#8211; consacr\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la cause palestinienne, de la sinc\u00e9rit\u00e9 de la po\u00e9sie et de la libert\u00e9 de parole. Il pense que les po\u00e8tes peuvent se rencontrer seulement quant \u00ab\u00a0la pens\u00e9e ne sera plus \u00e0 vendre\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0quand les phrases ne serons plus un rideaux pour la tyrannie\u00a0\u00bb, quand\u00a0\u00ab\u00a0 la pens\u00e9e deviendra une lanterne d\u00e9voilant le sens des choses\u00a0\u00bb et que \u00ab\u00a0la parole sera lib\u00e9r\u00e9e du faux\u00a0\u00bb(zayf). Il rejette d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9cid\u00e9e \u00ab\u00a0les hymnes du faux\u00a0\u00bb servis aux peuples, autant que les l\u00e9gendes et les pr\u00e9jug\u00e9s qui poss\u00e8dent la force de l\u2019opium. Il appelle ainsi \u00e0 la vrai r\u00e9volution. Il rej\u00e8te les plumes \u00ab\u00a0touch\u00e9es par la paralysie\u00a0\u00bb qui chantent le prince et le chef, qui ont trahi le peuple. Dans l\u2019extrait ci-apr\u00e8s, les valeurs modernes du caract\u00e8re humain en g\u00e9n\u00e9ral nous conduisent jusqu\u2019\u00e0 la vision de l\u2019avenir des Arabes\u00a0; elles doivent bas\u00e9es sur l\u2019unit\u00e9, la justice sociale et l\u2019amour mutuel\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0I tidar\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Quand le po\u00e8te ne sera plus emprisonn\u00e9,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ni pendu \u00e0 cause de ses vers,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quand l\u2019\u00e9crivain ne sera plus tortur\u00e9 dans la maison \u00ab\u00a0de s\u00fbret\u00e9\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Par le fouet du chef de la salle de torture.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quand affam\u00e9 et opprim\u00e9 il ne sera plus oblig\u00e9 de pousser des vivats<\/strong><\/p>\n<p><strong>Au nom de bourreau et voleur\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Que vive le juste et honn\u00eate, qu\u2019il vive\u00a0!\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Quand le peuple ne sera plus dirig\u00e9 par l\u2019usurpateur ou l\u2019\u00e9mir<\/strong><\/p>\n<p><strong>Se disant issu du pays de Kuraj\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>On se rencontrera \u00e0 ce moment-l\u00e0\u2026 pour donner l\u2019ordre constitu\u00e9 par le peuple<\/strong><\/p>\n<p><strong>Que le soleil de la justice et de l\u2019amour se l\u00e8ve<\/strong><\/p>\n<p><strong>Au-dessus de la terre des Arabes. Et les vagues sur les c\u00f4tes du Maroc et de Basra s\u2019unissent<\/strong><\/p>\n<p><strong>Parmi les cris de retour, d\u2019unit\u00e9 et de justice.<\/strong><\/p>\n<p><strong>On se rencontrera\u2026 quand le fellah et l\u2019ouvrier se lib\u00e9rons<\/strong><\/p>\n<p><strong>Des liens de la noblesse\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>A ce moment-l\u00e0 on se rencontrera dans la sinc\u00e9rit\u00e9 (ihlas), oh\u00a0! mes fr\u00e8res\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour faire revivre une nouvelle id\u00e9e arabe r\u00e9volutionnaire, libre, moderne\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p>Ce po\u00e8me, qui fait partie de son dernier recueil \u00ab\u00a0Min mudakkarat hammas\u00a0\u00bb(1977), pr\u00e9sente de nombreuses allusions politiques soigneusement camoufl\u00e9es, dirig\u00e9 contre ceux qui gouvernent les pays d\u2019arabes\u00a0. Les po\u00e8mes de ce recueil constituent la somme des \u00e9preuves et des d\u00e9sillusions du po\u00e8te, qui malgr\u00e9 tout ne renonce pas \u00e0 son id\u00e9e et \u00e0 son combat.<\/p>\n<p>Cet effondrement de la foi du po\u00e8te dans la justice, dans la v\u00e9rit\u00e9, dans le sens et le r\u00f4le de la po\u00e9sie qui devrait mener le peuple, transpara\u00eet dans un po\u00e8me tr\u00e8s personnel et tr\u00e8s pessimiste \u00ab\u00a0Zilal al-hazima\u00a0\u00bb (Les ombres de d\u00e9faite), qu\u2019il a \u00e9crit pendant son s\u00e9jour \u00e0 Paris (1969-1970), trois ann\u00e9es avant son autre po\u00e8me \u00ab\u00a0I tidar\u00a0\u00bb. A cette date le po\u00e8te s\u00e9journe \u00e0 Paris comme un exil\u00e9, o\u00f9 dans un r\u00e9flexe de d\u00e9sespoir il ne voit son secours que dans les d\u00e9bits de boissons. \u00ab\u00a0Les ombres de la d\u00e9faite commence par l\u2019appel \u00e0 la consommation du vin, qui doit \u00e9teindre l\u2019ardeur du d\u00e9sespoir. En parlant de cette boisson il utilise un trait caract\u00e9ristique de la po\u00e9sie du vin (Abu Nuwas, VIII-IX s.), l\u2019\u00e9pith\u00e8te \u00ab\u00a0sahba\u00a0\u00bb (dor\u00e9), mais il ne se d\u00e9lecte pas avec le vin comme Abu Nuwas, ni ne vente ses qualit\u00e9s, bien au contraire. Il pense, en accord avec sa morale campagnarde, fortement ancr\u00e9e dans la tradition, qu\u2019il tombe dans la d\u00e9bauche, pourtant seul un verre peut le sauver de la d\u00e9faite.<\/p>\n<p>Sur les bords de la Seine, al-Midani ibn Salih ressent sa faillite et son exil, il a honte de sa collaboration avec \u00ab\u00a0Le Monde\u00a0\u00bb, il pense qu\u2019il vend \u00e0 un agent \u00e9tranger (sumsar) tout ce qu\u2019il a aim\u00e9, il se reproche de trahir sa m\u00e8re, sa femme, ses enfants, ses palmiers et ses amis, et il ne veut plus cr\u00e9er. Il le d\u00e9montre avec la traditionnelle image de la guitare bris\u00e9e.\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Ricanant j\u2019ai cass\u00e9 la guitare<\/strong><\/p>\n<p><strong>Malheureux, j\u2019ai cass\u00e9 les cordes<\/strong><\/p>\n<p><strong>J\u2019ai quitt\u00e9 mon propre nid, mon enfant<\/strong><\/p>\n<p><strong>Pour le pays des brumes (dabab), la terre glaciale.<\/strong><\/p>\n<p><strong>J\u2019erre, \u00e9tranger, malheureux, triste<\/strong><\/p>\n<p><strong>Malheur \u00e0 mon c\u0153ur priv\u00e9 des charmes printanier,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Du printemps de mon pays,<\/strong><\/p>\n<p><strong>O\u00f9 j\u2019\u00e9tais la voix de tous\u2026\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p>La perte de foi dans la po\u00e9sie et dans son importance pour les gens est l\u2019id\u00e9e ma\u00eetresse de ce long po\u00e8me, moderne par sa forme, dont les strophes montrent chacune un nouvel aspect de la m\u00eame image\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Est-ce que cela donnera aux affam\u00e9s le profit d\u2019un po\u00e8me joyeux\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019article d\u2019un menteur qui change sa peau,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qui marchande ses mots\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qui \u00e9crit le mensonge pour tromper les peuples<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qui chante les guerres.<\/strong><\/p>\n<p>Le po\u00e8me se termine par le rejet des fausses promesses et de l\u2019hypocrisie, omnipr\u00e9sente dans le monde moderne. Ni un livre, ni un article, ni un po\u00e8me ne donnera pas \u00e0 manger aux affam\u00e9es. Il cesse d\u2019 appeler \u00e0 la lutte pour la justice, il appelle seulement l\u2019ivresse.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les ombres de d\u00e9faite\u00a0\u00bb est une des rares \u0153uvres d\u2019al-Midani ayant une signification d\u00e9faitiste.<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre plus tardive \u00ab\u00a0Zilal al-hati a\u00a0\u00bb (Les ombres de la faute) montre le v\u00e9cu int\u00e9rieur du po\u00e8te, le regret pour le p\u00e9ch\u00e9 d\u2019ivresse et l\u2019abandon de tout ce qu\u2019il a aim\u00e9 et sa d\u00e9cision de fuir les d\u00e9bits de vins et les \u00e9trangers et ramener son \u00e2me vers ses palmiers, ses amis et sa terre.<\/p>\n<h4>L\u2019attitude de po\u00e8te par rapport aux valeurs locales<\/h4>\n<p>Dans certains vers de deux de ses recueils transperce maintes fois l\u2019attachement du po\u00e8te aux principes moraux musulmans qui lui avaient \u00e9t\u00e9 inculqu\u00e9s dans sa jeunesse et aux valeurs li\u00e9es avec les principes ancestraux de l\u2019honneur.<\/p>\n<p>Dans le po\u00e8me de titre du recueil \u00ab\u00a0Qurt ummi\u00a0\u00bb (La boucle d\u2019oreille de ma m\u00e8re), au cours de la sc\u00e8ne d\u2019adieu de la m\u00e8re, qui offre \u00e0 son gar\u00e7on une boucle d\u2019oreille en or, sa derni\u00e8re richesse, la m\u00e8re d\u00e9clare\u00a0:<\/p>\n<p>P<strong>rend la, va\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sois brave et sans peur\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Combat la mis\u00e8re, vainc l\u2019ignorance\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sois fort et pers\u00e9v\u00e9rant dans ton combat\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Que la faiblesse ne te saisisse pas\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ce d\u00e9sert est la demeure des braves,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans ces camps (hayy)<\/strong><\/p>\n<p><strong>On raconte de longues histoires (asatir)<\/strong><\/p>\n<p>Les recommandations donn\u00e9es par la m\u00e8re \u00e0 un fils qui part semble \u00eatre tir\u00e9es d\u2019un code d\u2019honneur ancestral\u00a0: la bravoure, le courage au combat et la lutte contre sa faiblesse. Le poids et l\u2019actualit\u00e9 de ces valeurs remplit la suite de discours montrant \u00ab\u00a0le d\u00e9sert comme la demeure des braves\u00a0\u00bb, dont on raconte encore aujourd\u2019hui les exploits. La m\u00e8re exhorte son fils \u00e0 respecter les traditions des anc\u00eatres.<\/p>\n<p>Dans presque toutes les \u0153uvres d\u2019al Midani perce le courage de ses convictions, la pers\u00e9v\u00e9rance face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9 et dans la lutte pour ses id\u00e9es. A contrario al-Midani m\u00e9prise certains hommes \u2013 les \u00e9l\u00e9gants irr\u00e9fl\u00e9chis, en admiration sur leur propre beaut\u00e9, les charmeurs de femmes (il me vient \u00e0 l\u2019esprit une association avec \u00ab\u00a0Esik \u00e0 Ostende\u00a0\u00bb de Boy Zelenski). Il les critique dans la satire \u00ab\u00a0Al-hafafis as-sigar\u00a0\u00bb (Les petites chauves-souris). La petite chauve-souris, en g\u00e9n\u00e9ral n\u2019a pas fini ses \u00e9tudes, ne travaille pas, n\u2019a aucune convictions ni centres d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 part les soins recherch\u00e9s de son apparence, une tendance \u00e0 l\u2019alcoolisme, une attirance pour la danse et les femmes l\u00e9g\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Tu ne sais m\u00eame pas s\u2019il est homme ou femme\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Curieux\u2026 c\u2019est peut-\u00eatre une nouvelle esp\u00e8ce humaine\u2026\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le po\u00e8te ne s\u2019arr\u00eate pas aux \u00e9pith\u00e8tes \u00ab\u00a0primate\u00a0\u00bb,\u00a0\u00ab\u00a0un singe de cirque\u00a0\u00bb, mais il constate, que pour cette esp\u00e8ce d\u2019homme il n\u2019y a pas de place dans son pays\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Ma patrie est le sol de la lutte et de la construction,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Elle est le nid des aigles,<\/strong><\/p>\n<p><strong>La demeure de la gloire,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il n\u2019y a pas de place ici pour les primates,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les chauves-souris\u2026<\/strong><\/p>\n<h4>L\u2019attitude du po\u00e8te par rapport \u00e0 la culture europ\u00e9enne<\/h4>\n<p>Al-Midani \u2013 partisan d\u2019une moralit\u00e9 s\u00e9v\u00e8re et traditionnelle, est choqu\u00e9 par la libert\u00e9 des m\u0153urs europ\u00e9ennes. Dans son po\u00e8me \u00ab\u00a0Al-Maqabir\u00a0\u00bb (Catacombes), en rappel du nom d\u2019un pub de nuit londonien de Soho, il d\u00e9crit avec indignation \u00ab\u00a0la caverne de la d\u00e9bauche\u00a0\u00bb, d\u00e9crivant ses clients comme \u00ab\u00a0une g\u00e9n\u00e9ration perdue, une g\u00e9n\u00e9ration du vide\u00a0\u00bb et les femmes qui dansent comme \u00ab\u00a0celles, qui ont d\u00e9chir\u00e9 tous leurs voiles et se sont jet\u00e9es, folles de p\u00e9ch\u00e9 dans les bras de la mal\u00e9diction des g\u00e9n\u00e9rations, dans l\u2019insomnie, le vide et la souffrance\u00a0\u00bb. Il d\u00e9crit Londres comme \u00ab\u00a0une terre d\u2019insomnie et de d\u00e9bauche\u00a0\u00bb, il sugg\u00e8re qu\u2019il s\u2019agit de la punition pour son pass\u00e9 colonial.<\/p>\n<p>Le th\u00e8me de la condamnation de la prostitution et de la libert\u00e9 sexuelle des femmes revient dans un po\u00e8me \u00e9crit pendant son s\u00e9jour \u00e0 Paris \u00ab\u00a0Sahrazad\u00a0\u00bb(Sh\u00e9h\u00e9razade). Le symbole de Sh\u00e9h\u00e9razade \u2013 la belle et intelligente reine des \u00ab\u00a0Milles et une nuits\u00a0\u00bb &#8211; devient pour al-Midani le symbole de la prostitu\u00e9e depuis les temps l\u00e9gendaires et les fables jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque actuelle, \u00ab\u00a0le plus mis\u00e9rable de tous les \u00eatres humains, qui entra\u00eene les autres\u00a0dans le p\u00each\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p>Dans ces deux po\u00e8mes \u2013 comme dans quelques d\u2019autres \u2013 le rapport du po\u00e8te avec l\u2019Occident est caract\u00e9ris\u00e9 par ses images n\u00e9gatives. Il semble que son s\u00e9jour \u00e0 Paris, comme son bref passage auparavant \u00e0 Londres, ne lui a laiss\u00e9 aucune impression positive. En niant toute qualit\u00e9 morale \u00e0 la culture occidentale, il s\u2019en d\u00e9tourne s\u00e9v\u00e8rement et d\u00e9nonce les grandes puissances qui exp\u00e9rimentent l\u2019arme nucl\u00e9aire et bact\u00e9riologique. Dans son po\u00e8me \u00ab\u00a0Al-gurad wa al-ard\u00a0\u00bb (Des rats et la terre),. il d\u00e9bute en se moquant des laboratoires gard\u00e9s par l\u2019arm\u00e9e\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Le rat soign\u00e9 comme un enfant<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le rat \u2013 une nouvelle puissance,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le rat \u2013 gard\u00e9 par l\u2019arm\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p><strong>En dehors des fronti\u00e8res.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sur \u00ab\u00a0la ville contamin\u00e9e\u00a0\u00bb tonne les explosions,<\/strong><\/p>\n<p><strong>le feux absorbe le plomb, l\u2019acier<\/strong><\/p>\n<p><strong>les crassiers de fer\u2026<\/strong><\/p>\n<p><strong>les nuages enveloppent le soleil d\u2019un suaire,<\/strong><\/p>\n<p><strong>La ville contamin\u00e9e se couvre de brouillard.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ni l\u2019aube, ni le jour ne se l\u00e8vent,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il n\u2019y a plus ni lune, ni \u00e9toiles,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Seulement la haine et l\u2019empoisonnement<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sur les champs d\u2019extermination.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le monde est d\u00e9vor\u00e9 par le tumulte,<\/strong><\/p>\n<p><strong>L\u2019air de la plan\u00e8te empoisonn\u00e9 par les poussi\u00e8res<\/strong><\/p>\n<p><strong>De l\u2019explosion et des frappes<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans la nuit, dans la lumi\u00e8re du jour,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Au-dessus de la tristesse des oc\u00e9ans et des d\u00e9serts,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dans les profondeurs des grottes souterraines<\/strong><\/p>\n<p>Dans les strophes suivantes il parle de nouvelles armes \u2013 le rat infect\u00e9 par les bact\u00e9ries, qui attaque tout ce qui vit, qui porte une nouvelle sorte de la mort sur notre \u00abplan\u00e8te triste et effray\u00e9e\u00a0\u00bb. C\u2019est la d\u00e9faite totale contre la maternit\u00e9, les sourires d\u2019enfants, les palmiers qui offrent leurs fruits dans les oasis de Garidu, malgr\u00e9 les acquits culturels de l\u2019humanit\u00e9. Tout cela doit dispara\u00eetre \u00e0 cause des \u00ab\u00a0marchands de guerres, malheureux ennemis de la vie\u00a0\u00bb. L\u2019\u0153uvre se finit sur une question dramatique\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Pour qui doit mourir mon p\u00e8re et mes petits fr\u00e8res\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les palmiers charg\u00e9s, couronn\u00e9s par les fruits,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les \u00e9pis dans les champs,<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les moissons de g\u00e9n\u00e9rations de travailleurs\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Et ma petite fille<\/strong><\/p>\n<p><strong>Qui attend \u00e0 la porte mon retour\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Oh\u00a0! La mal\u00e9diction des g\u00e9n\u00e9rations\u00a0! L\u2019\u00e9poque de la destruction\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p>Dans toute ses \u0153uvres, al-Midani penche naturellement vers le peuple duquel il est issu. Il \u00e9crit en utilisant un langage simple et direct. Ses po\u00e8mes manquent compl\u00e8tement de m\u00e9taphores et de comparaisons, il \u00e9vite aussi les \u00e9nigmes et les pens\u00e9es confuses. Sa symbolique est simple, bien compr\u00e9hensive pour chaque homme ordinaire \u2013 les palmiers couverts de fruits, l\u2019enfant qui sourit, la rose blanche \u2013 ce sont les symboles de la justice, de la paix et du bonheur\u00a0; corsaires, agent, loups, brume, rats, chauves-souris, mouches symbolisent les colonisateurs, les pays d\u2019Europe, l\u2019extermination, le vide moral et la d\u00e9pravation. Ces symboles se r\u00e9p\u00e8tent dans plusieurs \u0153uvres. Les mots qui ne lui semblent pas suffisamment clairs, l\u2019auteur les explique dans des annotations. Ainsi, dans son premier recueil \u00ab\u00a0Qurt ummi\u00a0\u00bb (La boucle d\u2019oreille de ma m\u00e8re), il explique m\u00eame l\u2019id\u00e9e ma\u00eetresse de chaque vers. Il aspire \u00e0 \u00eatre compris par tout le monde.<\/p>\n<p>Sur le plan de la forme, toutes ses vers sont \u00e9crits d\u2019une fa\u00e7on moderne. Selon al-Gabiri, al-Midani ibn Salih cr\u00e9e \u00ab\u00a0les plus long vers libres de tous les po\u00e8tes contemporains arabes\u00a0\u00bb. C\u2019est particuli\u00e8rement vrai dans les po\u00e8mes de son deuxi\u00e8me recueil \u00ab\u00a0Min mudakkarat al-hammas\u00a0\u00bb. La composition \u00ab\u00a0spirale\u00a0\u00bb est sa forme pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, chaque strophes d\u00e9veloppant \u00e0 son tour l\u2019id\u00e9e du po\u00e8te, en ajoutant des nouveaux horizons. A cot\u00e9 de ces \u0153uvres d\u2019une forme irr\u00e9prochable, quelques po\u00e8mes s\u2019av\u00e8rent faibles et compos\u00e9s d\u2019une fa\u00e7on nonchalante.<\/p>\n<h4>La personnalit\u00e9 du po\u00e8te<\/h4>\n<p>Dans le groupe des po\u00e8tes de sa g\u00e9n\u00e9ration, al-Midani ibn Salih est le seul repr\u00e9sentant de la tradition arabo-b\u00e9douine de Tunisie, laquelle eut une influence d\u00e9cisive sur sa personnalit\u00e9. Par rapport aux valeurs du code de l\u2019honneur ancestral que sont le courage, la bravoure, la pers\u00e9v\u00e9rance dans la lutte et dans les difficult\u00e9s, la solidarit\u00e9 fraternelle, le po\u00e8te se pr\u00e9sente en total accord avec ces vertus, il les int\u00e9riorise dans son attitude. Il rejette cependant les pratiques traditionnelles religieuses, qui ne sont pas li\u00e9e avec l\u2019islam officiel, mais seulement avec les croyances du peuple (culte du marabout, pratiques des derviches). La conscience musulmane d\u2019al-Midani ibn Salih se combine avec l\u2019id\u00e9e de socialisme, et dans plusieurs de ses po\u00e8mes Allah para\u00eet comme le Dieu de la Justice, le Dieu du peuple travailleur. Le po\u00e8te restreint le peuple travailleur seulement aux fellah, aux ouvriers et aux savant. Dans ce monde, le travail est la valeur supr\u00eame pour le po\u00e8te. Il s\u2019agit d\u2019une nouvelle valeur qu\u2019il a introduite.<\/p>\n<p>Ses id\u00e9es sont enracin\u00e9es profond\u00e9ment dans la tradition famili\u00e8re aux po\u00e8tes islamiques qui tentent de tirer une nouvelle id\u00e9e (dans ce cas le socialisme) \u00e0 partir des traditions famili\u00e8res et des principes de l\u2019islam de fraternit\u00e9, de justice et d\u2019amour.<\/p>\n<p>Al-Midani prend une attitude de d\u00e9fenseur de la tradition culturelle et de la langue arabe. Il en tire sa fiert\u00e9. Il ne vante pas seulement l\u2019ancienne culture arabe , mais aussi celles des civilisations antiques (Carthage, Babylone, Ma an au Y\u00e9men). Fier de sa culture et de ses origines ancestrales, il affirme son m\u00e9pris pour les civilisations nouvelles de l\u2019Occident (Europe et Etats Unis). L\u2019attitude de al-Midani ibn Salih envers la culture \u00e9trang\u00e8re d\u00e9passe la variante observ\u00e9e dans l\u2019\u0153uvre de al-Basir ibn salam \u2013 \u00ab\u00a0l\u2019assimilation de valeurs \u00e9trang\u00e8res avec la conscience de sa diff\u00e9rence, comme si on mettait une barri\u00e8re entre soi-m\u00eame et la culture \u00e9trang\u00e8re\u00a0\u00bb. Al-Midani ibn Salih pr\u00e9sente cependant le particularit\u00e9 suivante\u00a0: \u00ab\u00a0rejet conscient de la tradition \u00e9trang\u00e8re et de ses valeurs, regard aigu, critique, \u00e9troit sur la culture europ\u00e9enne\u00a0\u00bb. Le po\u00e8te, lors de son court s\u00e9jour ( une ann\u00e9e) en France a retenu avant tout l\u2019immoralit\u00e9 de certains milieux. Elev\u00e9 dans une tradition de moralit\u00e9 musulmane s\u00e9v\u00e8re, il g\u00e9n\u00e9ralise ce constat et il s\u2019indigne donc de l\u2019immoralit\u00e9 de l\u2019Occident.<\/p>\n<p>Dans la modernit\u00e9 de la civilisation occidentale, al-Midani ne voit (avec les autres po\u00e8tes de sa g\u00e9n\u00e9ration &#8211; Nur ad-Din Sammud et Gafar Magid) que le d\u00e9veloppement des techniques d\u2019armement ou l\u2019invention de nouvelles armes qui sont une menace cruelle de totale extermination. Sur cette question ses positions sont tr\u00e8s virulentes comme dans les po\u00e8mes Dubaba , al-Gurad\u2026.<\/p>\n<p>Al-Midani ibn Salih a une forte conscience de classe, il se solidarise avec celle des ouvriers et des paysans qui se hisse fi\u00e8rement hors de la mis\u00e8re par la r\u00e9volte\u00a0: \u00ab\u00a0m\u00eame si j\u2019avais faim, le fils d\u2019un affam\u00e9\u2026 je me suis r\u00e9volt\u00e9\u2026\u00a0\u00bb. La lutte des classes est d\u2019abord associ\u00e9e \u00e0 la p\u00e9riode coloniale, puis avec les injustices sociales de ses concitoyens\u00a0: \u00ab\u00a0quand fellah et l\u2019ouvrier se lib\u00e9rons des fers de la noblesse\u2026\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est un po\u00e8te \u00ab\u00a0engag\u00e9\u00a0\u00bb dans les probl\u00e8mes sociaux et nationaux, mais cet engagement n\u2019est pas son but personnel. Il s\u2019agit de son cheminement personnel et est profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans sa personnalit\u00e9\u00a0. Al-Midani ibn Salih ne cherche pas de compromis, malgr\u00e9 une p\u00e9riode de doute dans sa foi en la justice sociale dans cette Tunisie lib\u00e9r\u00e9e. Il reprend la lutte pour d\u00e9fendre ses id\u00e9aux\u00a0: le socialisme, qu\u2019il associe avec la justice pour le peuple laborieux, la sinc\u00e9rit\u00e9 et l\u2019honn\u00eatet\u00e9, en tant qu\u2019oppos\u00e9 au mensonge, l\u2019unit\u00e9 arabe bas\u00e9e sur la fraternit\u00e9 et la renaissance de l\u2019\u00ab\u00a0id\u00e9e de la r\u00e9volution arabe, libre et moderne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Toutes ses id\u00e9es sont issues chez al-Midani de la tradition arabe et la tradition islamique, qu\u2019il associe d\u2019une fa\u00e7on syncr\u00e9tique avec l\u2019id\u00e9e de justice sociale. Bien que le critique moderne Mohammed Salih al-Gabiri le classe parmi les po\u00e8tes \u00ab\u00a0r\u00e9alistes-socialistes\u00a0\u00bb, al-Midani n\u2019utilise pas le terme \u00ab\u00a0socialisme\u00a0\u00bb (al-istirakiyya) mais le remplace par le notion de \u00ab\u00a0justice\u00a0\u00bb (adal). Ainsi le po\u00e8te relie l\u2019id\u00e9e de l\u2019unit\u00e9 arabe avec celle du pays de la justice sociale (le dernier fragment de l\u2019\u0153uvre \u00ab\u00a0Supplication\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Al-Midani ibn Salih repr\u00e9sente pour sa g\u00e9n\u00e9ration de po\u00e8tes, le type-m\u00eame de \u00ab\u00a0po\u00e8te h\u00e9raut\u00a0\u00bb, notion tr\u00e8s r\u00e9pandue parmi les po\u00e8tes plus anciens. Il n\u2019appelle cependant pas \u00e0 la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance, mais \u00e0 la lutte pour la justice sociale, pour la d\u00e9fense de la langue et de la culture arabe, pour la concr\u00e9tisation de l\u2019id\u00e9e d\u2019une grande nation arabe unie. Dans le m\u00eame temps, il s\u2019oppose \u00e0 l\u2019escalade \u00e0 l\u2019armement dans grandes nations au nom d\u2019un id\u00e9al humanitaire commun.<\/p>\n<p>L\u2019attitude du po\u00e8te est universelle et domin\u00e9e par ses engagements devant la soci\u00e9t\u00e9. Ses \u00e9motions personnelles ne sont pas pr\u00e9sentes dans ses \u0153uvres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Al-Midani ibn Salih est n\u00e9 en 1929. Il est originaire de l\u2019oasis de Nafta, une r\u00e9gion d\u2019oasis du sud &#8211; Garidu. Nafta, capitale religieuse de Garidu, poss\u00e8de le tombeau du marabout Sidi Abu Ali. Sa richesse provient des 400 mille palmiers-dattiers irrigu\u00e9s par 150 sources. 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