Exposition de Wissal Ben Maalem à la Galerie d’Art Essaadi à Carthage (Tunisie):SURFING ou l’ailleurs supra réel par :Sadok Gaidi – Fouchana -Tunisie

  Wissal Ben Maalem vient de camper ses tableaux (peinture, céramique, aquarelle, photos) à la Galerie d’Art Essaadi et ce le vendredi 27 avril jusqu’au 11 Mai 2018 à Carthage. « Surfing » est l’intitulé de cette exhibition assortie de  peinture, de poterie et de photos.

Le va et vient entre le réel et l’onirique constitue le fil conducteur des œuvres exposées…L’oscillation sous-jacente est liguée par l’imaginaire fécond de l’artiste en sorte qu’on a le pressenti de vibration remuant la surface des toiles.  Wissal a accepté volontiers de nous partager son expérience lors de ce cheminement. En voici l’interview accordée à la revue « Culminances » .

Wissal Ben Maalem

Sadok Gaidi

 

Culminances : D’abord, par quels mots tu peux te présenter aux lecteurs-internautes ? et pourquoi ce titre surfing, vocable du NETWORK révélateur ?

Wissal Ben Maalem  née en 1986 à Sfax. J’ai étudié à l’Ecole de Beaux Arts de Sfax. En 2009, j’ai eu la Maîtrise en arts plastiques et depuis j’ai participé à des expos collectives à partir de 2010 tout en étant de même membre dans l’Union des Artistes plasticiens tunisiens en 2017. Auparavant j’ai travaillé comme membre active  de F.A.T.P.

Culminances : y a-t-il une pertinence entre Surfing afféré à internet et la peinture. Voudrais-tu éclairer ce glissement de sens étrange en apparence ?

Wissal Ben Maalem  : Oui, tout à fait ce mot a un emploi métaphorique employé dans le créneau du net mais je voulais dire un va et vient entre deux mondes : le réel ou l’extérieur et le rêve, mon jardin intérieur…tout se joue en cette scène intime. Le réel que nous vivons est vraisemblable…une sorte d’illusion du vrai. L’essentiel est à concevoir parce qu’il est caché, secret, mystérieux. Tout à décomposer et recomposer après son passage par le filtre de l’imaginaire. Cette oscillation entre le concret et l’abstrait, le rêvé et non-rêvé. Tous mes tableaux ont reçu cette emprunte. C’est inné en moi depuis ma petite enfance…Je ne peux pas supporter le figuratif, les conteurs des objets. D’ailleurs j’ai travaillé sur le carré  en tant que module comme fragment.

Culminances : Un regard de proximité nous permet de distinguer cet aspect supra réel qui s’adonne corps et âme à l’abstraction. En quoi cela est-il vrai dans les tableaux exposés ? Sur quelles lignes de force tu focalises tes techniques en peinture, poterie et photos ?

Wissal Ben Maalem : Effectivement, je plane dans un univers supra réel auquel je m’épanche ; Je peins afin d’obtenir une autre réalité déréalisée en réponse au train-train de la vie, du temps répétitif, des lieux qui se dégradent autour de nous. Mon tableau « Fenêtre » prouve ce que je conçois. Le surfing entre les frontières que je viens d’évoquer est mon refuge, ma planche de salut en d’autres termes. Au demeurant, j’essaie de faire naître chez le regardant le mouvement, le gestuel, la profondeur; Le tout se fait par le biais de l’illusion, de vraisemblable. Pour se faire, je fais appel à la décomposition, au haché, à la ligne interrompue arrivant à la profondeur…Je traduis les émotions, les vibrations intérieures…Je traduis la joie aussi par l’emploi de la couleur. Le but de l’art est de partager l’esthétique dans une réalité offerte au banal, à l’horreur…Tout se joue à partir du module « carré » auquel je supplante le mouvement à travers les fragments, lignes discontinues, entrelacées, croisées grâce à l’alchimie de l’abstrait qui me tente à telle enseigne que je je sens une fusion entre la couleur et moi.

Culminances : Cette technique te permet d’avoir une conception du monde, de la vie. Qu’elles en sont les motivations ?

Wissal Ben Maalem : Les différentes lignes que j’ai empruntées de la réalité, de l’environnement sont un moyen pour me libérer à travers la toile qui n’est pas une surface plane, immobile pour moi mais une scène sur laquelle je campe la lumière, la couleur, les lignes en vibration continue. C’est à ces moments dérobés à la vie que je me confie. Une échappatoire sur le chemin de la liberté en quête de nouveaux horizons. Les toiles parsemées de foyers lumineux aux cotés des touches épaisses, d’autres moins denses font bouger la surface créant une symbiose entre les éléments couchés ou diffusés. Une symphonie musicale qui leur donne du punch « dynamisme ».

Sous le pinceau fébrile, viennent les images de la mémoire peupler la scène ; je les touche, les palpite. Je cite le tableau « Parole des fleurs » pour monter la contradictoires des sentiments de l’être humain en général.

Culminances : En fin de parcours, quelles sont les techniques utilisées dans cette série de 24 œuvres entre peinture, céramique et photos ? La façon de leur exécution en gros ?

Wissal Ben Maalem : j’ai employé la craie à la cire fondue, de l’acrylique, l’aquarelle, de la terre cuite…comme forme d’expression picturale .pour agir et interagir sur la matière. Le plaisir du tactile, de la fusion entre ces supports qui se meut en performance plastique et artistique. Je me soulage sous l’alchimie de la matière, du sensuel et l’imperceptible. Si l’image en tant qu’icône est un signe, l’imaginaire est un symbole ouvert aux interprétations du regardeur averti pour voyager vers un ailleurs magique et envoutant. En art (peinture, musique, poésie, photo) l’essentiel est invisible pour les yeux…on dessine ce qu’il y a dans les choses, ce qui se dérobe au regard naïf.

Synthèse  générale :

En regardant ce qui est derrière  les images qui se trouvent au sein des tableaux en exposition à la Galerie d’Art Essaadi, vous pouvez découvrir l’imaginaire de l’artiste-peintre Wissal Ben Maalem à travers le mouvement qui surgit dans les lignes entrelacées, hachées, les touches garnies ou amincies. Le travail réussi apparait en filigrane dans la composition, structuration étudiée habilement mais avec l’émotion des premiers jets, premiers moments de naissances. Quand vous regardez les ouvrages de notre invitée, vous avez l’impression que vous êtes debout devant le large, un espace ouvert et infini où il ya le ressac de la mer, le mouvement de va-et-vient des vagues…

C’est le contexte, à notre sens du vocale SURFING ? Un voyage hors temps, hors lieu et hors poncif fade…avec tout ce que l’âme humaine peut ressentir de tourmente, quiétude et inquiétude.

Cela vaut un arrêt sur l’exposition du coté de Carthage…

 

 

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*